Inter Pares condamne la fermeture du Centre Salmmah au Soudan

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Women in Sudan

Inter Pares condamne vigoureusement la fermeture par les autorités soudanaises du Centre de ressources pour les femmes Salmmah à Khartoum. La décision a été appliquée le mardi 24 juin 2014, sans explication, préavis, ni procédure équitable. Le personnel de Salmmah n’a pas été molesté, mais reste secoué par l’expérience. Nous sommes très préoccupés qu’une voix forte en faveur des droits des femmes au Soudan ait été réduite au silence.

Le Centre de ressources pour les femmes Salmmah a été fondé en 1997 à titre de centre de ressources féministe indépendant doté d’une expertise en matière d’égalité des sexes et de droits des femmes. Son travail était axé sur la mobilisation et l’autonomisation des femmes et des groupes de femmes en vue d’influer sur les politiques et de surmonter les obstacles structurels, politiques et juridiques qui freinent l’avancement des droits des femmes. Le centre joue aussi un rôle central dans la recherche, la documentation et la diffusion du savoir sur les droits des femmes et les droits de la personne au Soudan. Salmmah collabore étroitement avec d’autres organisations de la société civile et mobilise les jeunes autour d’enjeux aussi cruciaux que l’édification de la paix et les rapports entre les sexes.

Salmmah a joué un rôle de premier plan dans la défense des droits des femmes au Soudan. Le centre a plaidé pour la réforme des lois régissant le Code pénal soudanais afin que le viol ne soit plus assimilé à un adultère. Il a contesté la loi sur le code vestimentaire strict afin que les femmes n’aient plus peur de se faire arrêter en raison des vêtements qu’elles portent. Et le centre croit qu’il faut hausser l’âge du mariage pour permettre aux filles d’aller à l’école plutôt que d’être mariées en toute légalité dès l’âge de 10 ans.

L’an dernier, Salmmah a organisé plusieurs activités publiques pour soutenir les droits des femmes – rassemblements, marches et événements culturels. Le centre a été l’organisateur en chef des célébrations de la Journée internationale des femmes de Khartoum ainsi que des rencontres et des campagnes de One Billion Rising en lien avec les 16 journées d’action contre la violence sexiste. Ces actions visaient avant tout à sensibiliser les gens à la violence contre les femmes et à faire pression pour une plus grande égalité des sexes au Soudan.

Il est regrettable que le Soudan soit encore un pays où il y a si peu de latitude pour les organisations de la société civile qui défendent les droits de la personne, notamment ceux des femmes. Le Centre de ressources pour les femmes Salmmah n’est qu’une des nombreuses organisations fermées par les autorités soudanaises depuis deux ans. De plus, d’autres organisations ont rapporté de façon crédible avoir vécu du harcèlement et de l’intimidation. La peur des représailles empêche souvent ces groupes de faire des déclarations publiques.

Inter Pares a eu le privilège de collaborer avec les programmes de Salmmah et de les appuyer sur le plan financier, grâce à des contributions du Fonds de justice sociale des TCA et de la Fondation R. Howard Webster, sans oublier celles des donatrices et donateurs d’Inter Pares d’un bout à l’autre du Canada.

Inter Pares exhorte le gouvernement du Canada à émettre une déclaration pour condamner vigoureusement la décision des autorités soudanaises de museler une organisation qui a le courage de défendre les droits des femmes.

Inter Pares exhorte le gouvernement du Canada à émettre une déclaration pour condamner vigoureusement la décision des autorités soudanaises de museler une organisation qui a le courage de défendre les droits des femmes.

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