Des femmes demandent justice

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De gauche à droite, Nadia Faucher d'Inter Pares en compagnie de Diana Avila, Asha El-Karib, Zipporah Sein et Sophie Havyarimana.

VOLUME 30, NUMÉRO 1, FÉVRIER 2008

Par une chaude soirée de septembre, en réponse à l’invitation d’Inter Pares, près de quatre cents personnes se sont pressées dans une salle communautaire d’Ottawa pour entendre quatre militantes pour les droits des femmes parler de violence sexuelle.

L'assistance était composée d'hommes et de femmes de tous âges, universitaires, défenseurs locaux des droits de la personne et membres de communautés immigrantes d'Ottawa. En dépit de la nature du débat, il régnait un air de solidarité tandis que la discussion animée se poursuivait tard dans la soirée..

Venues d'un peu partout, ces quatre militantes, Sophie Havyarimana du Burundi, Diana Avila du Pérou, Zipporah Sein de Birmanie et Asha El-Karib du Soudan, et onze autres ont été conviées par Inter Pares à participer à une série d'événements étalés sur deux semaines et quatre villes sur le thème « Rompre le silence : Des femmes demandent justice ». Toutes oeuvrent auprès de survivantes de violences sexuelles dans des pays déchirés par les conflits armés..

Depuis de nombreuses années, Inter Pares travaille dans des zones de conflit armé offrant appui et solidarité à celles et ceux qui sont le plus touchés par la violence. Dans les situations de conflit, on tend à se concentrer sur les hommes en tant que combattants, victimes ou négociateurs ; les femmes, qu'elles soient soldates, résistantes, actrices politiques ou, trop souvent, victimes, sont généralement reléguées au second plan. Le fracas des armes masque l'utilisation de la violence sexuelle contre elles. Tant et si bien que lorsque les canons se taisent, elles continuent de subir les effets des brutalités qui leur ont été infligées même si cela est rarement reconnu. Les survivantes vivent dans la honte, les crimes dont elles ont été victimes sont rarement rendus publics et leurs responsables ne sont pas sanctionnés.

Les événements de septembre ont donc été l'occasion pour ces militantes contre la violence sexuelle d'échanger leurs expériences, de tirer profit des enseignements des autres et de rencontrer des Canadiennes et des Canadiens qui combattent la violence contre les femmes et l'inégalité des sexes. Les participantes sont arrivées du Burundi, du Soudan, de Birmanie, de Colombie, du Pérou et du Guatemala, autant de pays ayant payé un lourd tribut à la guerre. En dépit de leurs origines diverses, les expériences qu'elles ont évoquées dans leurs entretiens avec les représentants des institutions publiques et des organisations internationales,
les militantes communautaires et la population en général étaient quasiment identiques : récits de crimes sexuels abjects systématiquement perpétrés contre les femmes, en particulier celles qui sont marginalisées et qui habitent les campagnes.

Les événements de septembre ont donc été l'occasion pour ces militantes contre la violence sexuelle d'échanger leurs expériences, de tirer profit des enseignements des autres et de rencontrer des Canadiennes et des Canadiens qui combattent la violence contre les femmes et l'inégalité des sexes. Les participantes sont arrivées du Burundi, du Soudan, de Birmanie, de Colombie, du Pérou et du Guatemala, autant de pays ayant payé un lourd tribut à la guerre. En dépit de leurs origines diverses, les expériences qu'elles ont évoquées dans leurs entretiens avec les représentants des institutions publiques et des organisations internationales,
les militantes communautaires et la population en général étaient quasiment identiques : récits de crimes sexuels abjects systématiquement perpétrés contre les femmes, en particulier celles qui sont marginalisées et qui habitent les campagnes.

Dans l'exposé qu'elle a fait ce soir-là à Ottawa, Asha El-Karib du Soudan a dépeint la situation au Darfour. L'ampleur et l'acuité de la violence y sont telles qu'elles l'ont conduite, avec ses collègues, à réfléchir sur le recours au viol comme arme de guerre. « Il est évident que la violence contre les femmes existait avant la guerre. Elle est fonction de la subordination des femmes, de l'inégalité des sexes et de l'objectivation des femmes. » Selon elle, c'est dans ce contexte patriarcal que la violence contre les femmes prend racine.

Asha a incité l'assistance à rompre le silence. « Nous devons nous poser la question à savoir si notre silence ou notre passivité ne contribuent pas aux crimes contre les femmes, pas seulement au Soudan, en Birmanie et au Burundi mais aussi ici, au Canada ».

Cette édition du Bulletin traite du dévouement de femmes qui offrent leur appui et leur solidarité aux survivantes
de la violence et des leçons tirées de leur action pour que justice prévale.

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Bulletin - Février 2008

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