Assétou Samaké : Professeure, scientifique et défenseure de semences africaines.

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Assetou Samaké and panelists at public event in Ottawa
Assétou Samaké: en compagnie d’autres conférenciers lors d’un évènement portant sur la « révolution verte » à Ottawa, en 2007. Crédit: Eric Chaurette

Au cours d’une visite effectuée en 2006, à Bamako, au Mali, Eric Chaurette, membre de l’équipe d’Inter Pares, rencontre pour la première fois Assétou Samaké, tout à fait par hasard. Leur conversation tourne autour du temps – forcément, puisqu’il fait alors 40 degrés – puis de la sécheresse, des plantes, de la souveraineté alimentaire et des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Pour Assétou, les OGM et l’agriculture industrielle ont creusé les inégalités entre les hommes et les femmes. Les hommes, qui ont accès au crédit, achètent semences, produits chimiques et équipements. Aussi, la pratique de la monoculture se répand au détriment des variétés végétales locales, souvent cultivées avec soin par les femmes.

Parmi celles-ci on trouve les cultures de base comme le millet et le sorgho ainsi que les « condiments » qui les accompagnent pour enrichir la diète tels que l’oseille de Guinée, utilisée dans les jus, des plantes à fleurs dont les graines composent les sauces et des arbres dont les feuilles permettent de parfumer les aliments.

Sur ces paroles, Assétou file à sa réunion tandis qu’Eric se demande qui peut bien être cette femme si éloquente. Il ne tarde pas à découvrir qu’elle est généticienne et l’une des forces motrices du mouvement de protection de la biodiversité en Afrique de l’Ouest.

L’année suivante, Inter Pares invite Assétou et deux autres membres ouest-africains de la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN) au Canada pour prendre part au débat sur l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA). L’approche prônée par l’AGRA confirme les craintes d’Assétou : il s’agit de promouvoir une agriculture dépendante des engrais chimiques qui anéantirait la biodiversité et les savoirs locaux.

Pour la COPAGEN, les efforts de développement agricole et la réalisation de la sécurité alimentaire en Afrique doivent inclure les cultivateurs africains et se fonder sur ce qui existe sur le continent plutôt que de chercher à imposer un modèle agricole qui dépend de semences et d’engrais chimiques étrangers.

Quant à Assétou, elle fait le point sur le rôle prépondérant des femmes en matière de sécurité alimentaire en Afrique et des menaces que représente l’AGRA. Dès ses premiers cours de biologie à l’école primaire, Assétou se prend de passion pour les plantes. Plus tard, elle choisit de se spécialiser en biologie et obtient même une bourse d’études en Russie. En 1997, sa formation terminée, elle rentre au Mali enseigner la phytogénétique à l’Université de Bamako. À l’époque, elle n’est qu’une femme parmi trois dans un département comptant trente professeurs et la seule à enseigner la biologie des plantes.

Aujourd’hui, hors des salles de cours, elle continue de lutter pour la protection de la biodiversité au Mali. Elle a contribué à l’amélioration de plusieurs banques de semences et dirigé des ateliers participatifs de sélection végétale; elle est aussi l’une des voix influentes au sein de la COPAGEN. Inter Pares s’estime privilégiée de s’associer à Assétou et d’appuyer la COPAGEN dans un effort commun pour atteindre la souveraineté alimentaire.

 

Notre impact

Inter Pares a aidé à convier un dialogue entre les fermiers africains et l’Alliance pour une révolution verte en Afrique, révélant les préoccupations des agriculteurs africains.

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