Dénoncer le génocide : l’histoire de Razia

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 Crédit: Febeha Monir, Nobel Women’s Initiative

Razia Sultana est chercheure principale au Kaladan Press Network, une agence de presse rohingya indépendante à but non lucratif. Elle est également fondatrice de la Rohingya Women Welfare Society (RWWS), une organisation populaire qui travaille dans les camps de réfugiés au Bangladesh.

« Bonjour. Je suis avocate, chercheure et éducatrice rohingya spécialisée dans les questions touchant aux traumatismes, aux viols collectifs et à la traite des filles et des femmes rohingya. » C’est avec ces mots que j’ai commencé ma présentation au Conseil de sécurité des Nations unies — j’étais la première Rohingya à le faire —, ce printemps, lors du débat public organisé sur les violences sexuelles en période de conflits. J’ai pris le micro pour raconter les crimes horribles  que j’avais dénoncés deux mois plus tôt dans le rapport Rape by Command, préparé par le Kaladan Press Network. Ces crimes ont été commis dans le cadre d’une campagne de violences sexuelles et de meurtres planifiée et orchestrée par l’État contre mon peuple. J’ai également souligné que cette campagne n’est pas sortie du néant : elle s’inscrit dans un cycle de viols, de violences, de discrimination et de déplacements que vivent les groupes ethniques minoritaires en Birmanie depuis des décennies.

Le débat public portait sur un rapport récemment présenté par les Nations unies, qui, pour la première fois, a ajouté l’armée birmane à une liste recensant les forces gouvernementales ayant vraisemblablement commis  des viols et autres actes de violence sexuelle en période de conflit. Cette condamnation est une victoire, non seulement pour le Kaladan Press Network, mais également pour toutes les organisations de femmes issues de minorités ethniques qui documentent et dénoncent avec courage les violences sexuelles que l’armée birmane fait subir à leurs sœurs depuis 2002.

Cependant, la dénonciation des tactiques génocidaires de l’état birman ne restera qu’une victoire symbolique sans pression accrue de la  communauté internationale. En septembre dernier, je me suis jointe à l’équipe d’Inter Pares à Ottawa pour rencontrer des représentants du gouvernement et des élus afin de leur indiquer les actions que le Canada et les autres pays qui partagent la même vision doivent entreprendre. Le Canada a déclaré que les crimes commis contre mon peuple constituaient un génocide et a reconnu la complicité d’Aung San Suu Kyi. Il s’agit là d’importantes avancées. Toutefois, nous devons continuer à faire pression, non seulement pour faire reconnaître la responsabilité des coupables, mais également pour instaurer une démocratie véritablement inclusive. Cela implique notamment de soutenir davantage les femmes rohingya afin qu’elles puissent se développer et assumer des rôles de leadership, comme le fait la RWWS sans ménager ses efforts. En collaborant avec des allié.e.s de longue date comme Inter Pares, le Kaladan Press Network et la RWWS pourront contribuer à faire en sorte que notre vision pour le futur de la  Birmanie se réalise un jour.

Le don que vous faites aujourd’hui contribue à ce que le travail d’artisan(e)s du changement comme Razia donne vie aux espoirs de paix et d’égalité pour tous en Birmanie.

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