La démocratie en devenir : gouvernance locale en Birmanie

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Le gouvernement provisoire de l’État Karenni a invité les agriculteurs-rices de tout l’État à des conférences régionales, au cours desquelles ils et elles ont pu partager leurs recommandations pour une future politique agricole. Crédit: Union des agriculteurs de l’État Karenni

Alors que la guerre civile fait rage en Birmanie, les gens posent les fondations d’une future démocratie.

Dans l’État Karenni, des activistes, des groupes de la société civile, des partis politiques locaux et l’appareil de gouvernance local ont formé un conseil consultatif peu après le coup d’État militaire de 2021. Leur but : bâtir un gouvernement d’État inclusif à partir de la base. 

Avec l’appui d’Inter Pares, le conseil a amorcé l’élaboration d’une constitution provisoire pour l’État. Dès le début, il a donné la priorité à la participation des communautés locales, notamment des jeunes et des femmes, afin de garantir que les politiques reflètent la volonté du peuple. Aujourd’hui, le conseil Karenni comprend des jeunes, des femmes et des ex-leaders de la société civile.

Dictature militaire ou régime théoriquement civil, le gouvernement birman exclut et opprime depuis longtemps les peuples autochtones. C’est une cause majeure et récurrente de conflit depuis des décennies. Ceux et celles qui travaillent à la création de nouveaux systèmes inclusifs au palier national savent qu’il faut s’y attaquer avec succès pour assurer le caractère durable de toute paix future. Les États et les personnes qui les composent doivent façonner leur propre destin.

D’autres États birmans sont à divers stades de la mise en place de leurs propres nouvelles structures. Dans l’État Chin, où nous appuyons nos homologues qui travaillent à de nouvelles institutions démocratiques, dont un nouveau ministère de la Santé, des leaders locaux visent une forme de gouvernance axée sur la représentation et l’autonomie locales.

Pour assurer l’autodétermination, nos homologues des divers États de la Birmanie œuvrent en faveur d'une démocratie fédérale, où une administration civile nationale et des gouvernements d’État se partagent le pouvoir. Le gouvernement national civil intérimaire et les conseils d’État coordonnent déjà leur travail en vue de cette transition.

Aujourd’hui, on estime que la junte contrôle un cinquième du territoire du pays. Dans une tentative désespérée de garder le contrôle des grandes villes et des organes centralisés du pays, elle multiplie les attaques aériennes, bombardant souvent des zones autochtones civiles, notamment des écoles et des hôpitaux. Outre leurs coûts sidérants sur le plan humain, ces attaques ravagent les moyens de subsistance et les revenus fiscaux, privant les appareils de la gouvernance locale ou d’État des ressources nécessaires pour gouverner comme elles l'entendent.

Mais l’espoir persiste malgré la destruction. Grâce à la collaboration et à une vision commune, les Birman-e-s construisent les fondations d'un avenir qui respecte la volonté de leur peuple – un avenir où le pouvoir est entre les mains des communautés et non celles des généraux de l’armée.

Les États et les personnes qui les composent doivent façonner leur propre destin.

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