Analyser les raisons et les conséquences de la migration de Zacualpa au Guatemala.

Sep 04, 2013
:   Le Centre des migrants : Soeur María Álvarez, directrice du Centre, ainsi que José Daniel et Luísa, membres du personnel, disposent de plusieurs cartes afin de mieux expliquer aux familles où leurs proches ont immigré
Le Centre des migrants: Soeur María Álvarez, directrice du Centre, ainsi que José Daniel et Luísa, membres du personnel, disposent de plusieurs cartes afin de mieux expliquer aux familles où leurs proches ont immigré, ou encore l’endroit où ils sont détenus.Crédit: Kathryn Dingle

Dans la petite ville de Zacualpa, le conflit armé interne a déchiré les familles. Aujourd’hui, c’est la migration qui les sépare. D’une génération à l’autre, des familles autochtones k’ichés gagnent leur vie, s’échinant souvent à longueur d’année sur des terres qu’on leur a usurpées pendant le conflit et qui restent aux mains des familles plus riches. Cette précarité économique incite souvent les gens à laisser leurs proches et leurs enfants pour trouver du travail au Nord.

La collaboration d’Inter Pares avec son homologue, Project Counselling Service (PCS), s’est transformée au fil de l’évolution de la situation au Guatemala. Le programme de PCS sur le déracinement forcé a longtemps porté sur les déplacements imputables au conflit. Il est aujourd’hui axé sur les causes et les effets de la migration. C’est pourquoi nous collaborons maintenant avec le Centre des migrants, un projet de l’Église catholique de Zacualpa. Deux jeunes employés de talent, José Daniel Gonzáles et Luísa Martínez Hernández, offrent leur aide à la collectivité.

Le Centre des migrants a joué un rôle central depuis sa création en 2010. En organisant des foires publiques et des rassemblements sur la migration, il a mis la question à l’ordre du jour. Des jeunes jouent des sketches afin d’illustrer les dangers du voyage vers le Nord et la discrimination qui attend souvent les travailleuses et travailleurs migrants. On veut ainsi lever le voile sur la question et atténuer la honte des familles restées derrière et des personnes migrantes revenues à Zacualpa.

Avant, on entendait surtout parler de lo bonito, des bons côtés de la migration : les salaires élevés, les envois de fonds, le rêve américain. Mais les activités du Centre remettent en question un mythe persistant sur la migration, soit que les avantages surpassent de beaucoup les risques encourus. Tout cela favorise des discussions ouvertes, honnêtes et éclairées, et permet de mieux comprendre le phénomène migratoire.

Le travail moins public du Centre consiste à aider les familles à retrouver des proches disparus ou détenus. Le Centre dresse la liste des adresses et des contacts des centres de détention aux États-Unis et collabore avec des réseaux de solidarité de travailleuses et travailleurs migrants pour contacter les personnes détenues. Daniel et Luísa doivent aussi parfois soutenir les familles dans la tâche difficile et déchirante du rapatriement du corps d’un proche, décédé en cours de route vers le Nord.

Inter Pares, PCS et le Centre des migrants font partie d’un réseau d’organisations qui travaillent à la réforme des politiques relatives à la migration au Guatemala et dans les pays de destination, y compris le Canada, en plus de lutter contre les causes structurelles de la migration. Les gens ont le droit de se déplacer, mais cela ne devrait pas être la seule option possible. Et quand les gens décident de migrer, cela devrait se faire en pleine connaissance des risques, des avantages et des inconvénients.

Le Centre des migrants renseigne celles et ceux qui désirent migrer des véritables risques que représente la migration. Ceci favorise une meilleure compréhension de la migration sous plusieurs de ses facettes.

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