Rapport Annuel 2007 d’Inter Pares – Prendre parti pour la justice et la paix

Auteur
Inter Pares
Page couverture du rapport annuel 2007
 

En 2007, Inter Pares a demandé à ses partisanes et partisans de partager leurs sources d'espoir et d'inspiration. Une personne a écrit : « Je ne suis plus aussi active qu'avant, mais je me dis qu'au moins, j'ai fait ma part quand j'ai pu, et je continue de soutenir de tout coeur la lutte pour la paix. » Une autre : « Quand j'écoute les nouvelles... ça me fend le coeur. À 83 ans, je ne suis plus sûr de rien, mais tant qu'il y a des organismes comme le vôtre, je garde espoir. »


Ces commentaires sont éloquents, ils prouvent que bien des gens croient que le Canada, et la population canadienne, doivent soutenir activement la lutte pour la paix et la justice dans le monde. Ils sont aussi encourageants, parce qu'il est parfois plus facile de fermer les yeux que d'affronter la douleur et la souffrance des autres.


C'est cette négation de la souffrance humaine qui est le plus grand échec moral de notre temps. Au cours des dernières décennies, le monde est resté muet pendant que se perpétraient un peu partout des crimes contre l'humanité : Cambodge, Timor oriental, Congo, Birmanie, Rwanda, Soudan, Guatemala. Devant ces atrocités, plusieurs d'entre nous – la mort dans l'âme – ont ressenti de l'impuissance, l'impression qu'on ne pouvait rien faire.


Mais nous pouvons faire quelque chose. Des millions de personnes plaident pour la paix et la justice, chez elles et ailleurs dans le monde. Elles refusent de rester muettes devant les crimes commis à leur endroit, et contre les autres. Elles affirment que nous avons tous le devoir de protester quand des vies humaines sont en danger. Même si c'est parfois à retardement, le monde réagit à ces appels à la justice et les choses progressent.


Au Cambodge, on a amorcé en novembre dernier les premiers procès des responsables des pogroms qui ont tué près du quart de la population du pays. Les coupables de ces crimes sont enfin traduits en justice.


Les femmes violentées lors des conflits armés au Pérou, en Colombie, au Guatemala et ailleurs se lèvent et exigent que l'on admette publiquement ces crimes. Les gouvernements reconnaissent maintenant cette violence et mettent en place des mesures de réparation.

 

En Birmanie, le soulèvement mené par les moines et les religieuses en septembre dernier a été brutalement écrasé par une junte militaire sans pitié. Devant les tollés, le gouvernement canadien a imposé au régime birman tout un ensemble de sanctions commerciales et économiques.


Au milieu d'un carnage effrayant au Soudan, des organisations de femmes travaillent avec celles qui ont été victimisées, et participent à des processus politiques visant à définir une forme de paix et de réconciliation propre à défendre et promouvoir les droits des femmes.


Dans toutes ces situations, il y a des progrès parce que des gens ont choisi de participer à la lutte pour la justice sociale. Des personnes exigent la fin de la violence et insistent pour que les gouvernements rendent des comptes. Elles protestent parce qu'elles savent que l'injustice commise quelque part met la justice en péril partout ailleurs. Elie Wiesel a déclaré : « Ce dont les victimes ont le plus besoin, c'est de savoir qu'elles ne sont pas seules... que si on les bâillonne, elles pourront emprunter notre voix. Parce que si leur liberté dépend de notre voix, la qualité de notre liberté dépend de la leur. »


Partout dans le monde, Inter Pares travaille avec des activistes et des groupes citoyens qui oeuvrent pour la justice. Cela inclut des militantes et des militants des droits de la personne qui ont entrepris la tâche souvent dangereuse de documenter et dévoiler des crimes contre l'humanité. Cela inclut des organisations de défense des droits des femmes qui appuient les femmes violentées lors des conflits armés et réclament justice pour elles. Cela inclut celles et ceux qui appuient les revendications territoriales des peuples autochtones afin que leurs communautés redeviennent autosuffisantes et productives. Cela inclut des organisations vouées à la recherche et à l'éducation, qui contestent le dogme selon lequel il n'y a pas de solution de rechange à l'ordre mondial actuel. Ce sont ces innombrables gestes pour la paix et la justice qui ébranlent les forteresses de l'oppression.


Inter Pares et ses homologues font partie d'un réseau de solidarité pour une cause commune où le courage et l'audace des uns résonnent chez tous les autres. Nos partisanes et nos partisans font aussi partie de ce réseau : ils décident de s'engager plutôt que de fermer les yeux, ils optent pour l'espoir plutôt que la neutralité et le silence. C'est l'action obstinée et commune qui fait vivre nos rêves et permet de réaliser nos espoirs.