4 septembre 2026

L’équipe de santé de Likhaan : des soins empreints de compassion

Large group of community members and staff gathered outdoors beside a white van, posing together in front of greenery.

Le personnel de Likhaan se tient aux côtés de Rita Morbia et David Bruer, gestionnaires de programme à Inter Pares (rangée arrière, au centre).

Photo: Likhaan

Notre homologue Likhaan Center for Women’s Health offre des services de santé à Manille, aux Philippines, depuis 1995.

Dès le début, le groupe fondateur voulait proposer un autre type de soins de santé dans les zones défavorisées : des soins ancrés dans la communauté, qui mettent l’accent sur la santé des femmes. 

Si chaque personne arrive à Likhaan selon un parcours qui lui est propre, toutes partagent une motivation essentielle : améliorer la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes, des jeunes et des personnes LGBTQI+ aux Philippines.

Nous avons récemment demandé à des membres du personnel de Likhaan ce qui les avait motivé-e-s à venir travailler à Likhaan et à décider d’y rester. Voici ce que nous avons appris.

Michael Catipay. Photo : Likhaan

Michael : Likhaan s’engage à rester

En 2013, le typhon Haiyan a dévasté le Samar oriental, aux Philippines. Les besoins de la population locale étaient nombreux. Malgré l’abondance des secours d’urgence envoyés dans l’île, Likhaan a noté qu’on ne répondait pas aux besoins des femmes en matière de santé sexuelle et reproductive (SSR). En collaboration avec Inter Pares, l’organisation a décidé d’établir une clinique au Samar oriental, avec des fonds d’Affaires mondiales Canada, et s’est mise à la recherche de personnel clinique. Elle a trouvé Michael.

Michael, qui est infirmier, se souvient de sa rencontre avec Likhaan. « C’était la seule organisation qui répondait aux besoins des femmes en matière de santé sexuelle et reproductive et qui s’était engagée à rester une fois la crise passée », se souvient Michael. « Tellement d’ONG viennent pour un temps, puis s’en vont. Likhaan a travaillé avec les femmes, organisé des séances d’information sur leurs droits et les a aidées à s’organiser. »

C’était la seule organisation qui répondait aux besoins des femmes en matière de santé sexuelle et reproductive et qui s’était engagée à rester une fois la crise passée.

La clinique de Likhaan au Samar oriental est plus solide que jamais. Et Michael y travaille depuis plus de dix ans. Il voit à quel point la présence continue de Likhaan exerce un impact sur la communauté. Après avoir assisté à une séance de formation de Likhaan, des femmes réclament maintenant leurs droits. Plusieurs sont devenues des leaders dans leur quartier et parlent de leurs droits avec leurs voisines et leurs amies.

« Les femmes se mettent à croire en elles-mêmes et ça modifie leur comportement, dit Michael. Elles ont plus d’assurance et plus de contrôle. »

Celine Latras (troisième à partir de la droite) avec des collègues de la clinique Likhaan : Nestor Victoria, Yhurie Gualvez et Arnold Vega. Photo : Likhaan

Celine : Une approche de la santé bienveillante et centrée sur les patientes

Dans les cliniques privées des Philippines, c’est souvent le profit qui prime sur le service à la population. Certaines cliniques ont illégalement exigé de la clientèle – surtout les femmes – des frais couverts par le programme d’assurance maladie des Philippines. De nombreuses femmes, surtout les femmes appauvries, y ont vécu des expériences incroyablement négatives.

Céline, sage-femme, travaillait dans une clinique privée avant de rejoindre Likhaan. « Dans les cliniques publiques comme privées », raconte Céline, « les femmes peuvent être humiliées par le personnel médical. On leur dit parfois qu’elles ne veulent la contraception que pour avoir des relations sexuelles hors mariage. [Le personnel] leur fait honte. »

Celine était de plus en plus mal à l’aise avec cette approche peu bienveillante. Après avoir quitté la clinique privée, elle a fini par trouver Likhaan. Elle y a découvert une approche axée sur les patientes, enracinée dans la compassion et le respect. Elle a vu Likhaan traiter chaque femme avec bienveillance et respect, offrir des services et de l’information gratuitement et sans porter de jugement. Celine pouvait enfin être fière de son travail.

Pour en optimiser l’impact, les soins de santé doivent être enracinés dans l’expertise locale, la communauté et la confiance.  

Votre don offre un soutien stable à des organisations comme Likhaan afin de leur donner le temps requis pour s’établir – et rester – dans les communautés où les besoins sont le plus pressants.

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Une agente de santé communautaire de Likhaan rencontre des adolescentes pour discuter de la planification familiale. Photo : Likhaan

L’éducation : un pilier essentiel de la santé des jeunes

La loi sur la parentalité responsable et la santé reproductive (communément appelée loi sur la SR) couvre l’accès universel à un programme complet d’éducation à la sexualité (PÉS) dans les écoles ainsi que des services de contraception, de planning familial et de soins maternels. Mais de puissants groupes religieux et conservateurs bloquent le programme de PÉS et compliquent l’accès à la contraception pour les adolescent-e-s. Dans un pays où les taux de grossesse adolescente sont une préoccupation cruciale en santé, l’éducation et la contraception sont des éléments essentiels.

Pour Likhaan, la sensibilisation des jeunes est une priorité. Celine évoque le cas d’une jeune fille de treize ans tombée enceinte à la suite de violences sexuelles. Likhaan l’a soutenue et l’a invitée à assister à quelques séances d’apprentissage. Après quelques séances, elle a décidé de devenir bénévole auprès de Likhaan pour diffuser l’information sur la santé partout dans son milieu. Celine se souvient d’une autre jeune fille qui a transmis ses nouvelles connaissances en matière de contraception à ses camarades de classe – un geste courageux, vu le conservatisme religieux aux Philippines.

L’éducation autonomise les jeunes afin qu’ils puissent prendre des décisions sur leur santé et faire des choix personnels.

Likhaan offre à son équipe une formation sur le travail avec les jeunes, notamment ceux et celles ayant vécu de la violence sexuelle. Ça a aidé Céline à mieux comprendre leurs besoins en matière de santé sexuelle et reproductive. À son tour, Céline constate l’effet boule de neige de ce soutien : les jeunes sont de mieux en mieux informés et défendent leurs intérêts et leur santé. « Likhaan est une organisation extraordinaire » , dit Celine. « L’éducation autonomise les jeunes afin qu’ils puissent prendre des décisions sur leur santé et faire des choix personnels. » 

Anthony « Tony » Taneo (au centre) se tient aux côtés de collègues de Likhaan : Sheina Olita, Imelda Tano, Myka Pero et Raffy Alfonso. Photo : Likhaan

Tony : Ne pas se limiter aux services, changer les politiques

Tony, infirmier, a d’abord été bénévole dans une clinique de Likhaan. Il s’est vite intéressé au travail de plaidoyer de Likhaan pour améliorer les soins de santé des femmes aux Philippines. Tony se souvient de la longue lutte de Likhaan pour inciter le Congrès à adopter la loi sur la SR. Dans le cadre de la campagne, Likhaan et les communautés où elle est implantée ont pris la parole – dans la rue, dans les médias et devant le Congrès des Philippines. La loi sur la SR a été adoptée en 2012. Malgré les incohérences dans son application, cela marque un tournant décisif dans la lutte pour la justice reproductive aux Philippines.

Aujourd’hui coordonnateur d’une clinique de Likhaan, Tony sait que l’offre de soins de santé de qualité n’est qu’une facette du travail. Pour améliorer la santé des femmes, il faut aussi changer les politiques qui définissent l’accès aux soins. « Likhaan ne pourra jamais combler les besoins de toutes les femmes pauvres et marginalisées au pays, ajoute-t-il. Pour cela, il faut modifier les lois et cela suppose un travail de plaidoyer à l’échelle du pays. » Tony continue à conjuguer prestation de services et travail de plaidoyer.


Inter Pares et Likhaan : Ensemble pour la santé des femmes

Inter Pares soutient le travail de Likhaan auprès des femmes, des jeunes et de la communauté LGBTQI+ depuis plus de 30 ans. 

Notre collaboration s’est approfondie au fil des décennies. En 2026, nous avons commencé à soutenir le travail de Likhaan en vue d’accroître sa pérennité financière et d’étendre à des organisations alliées son modèle novateur de soins de santé publics. Le gouvernement du Canada finance notre travail avec Likhaan depuis sa fondation en 1995. 

Faites un don dès aujourd’hui pour soutenir des soins de santé ancrés dans l’expertise locale, la communauté et la confiance.  

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Inter Pares tient à remercier Affaires mondiales Canada pour son soutien financier à notre travail avec Likhaan.