Monsieur le Premier Ministre et Mesdames et Messieurs les Député-e-s,
Inter Pares est une organisation féministe canadienne de justice sociale qui, depuis cinquante ans, travaille en solidarité avec des militantes et militants courageux-ses et des organisations inspirantes du monde entier pour construire la paix, faire progresser la souveraineté alimentaire, la justice climatique et promouvoir l’égalité au Canada et dans le monde. Nous apportons notre soutien à la défense des droits de la personne, à l’aide d’urgence et aux efforts de développement des activistes de la justice sociale dans de nombreuses régions du monde en proie à des conflits. Il s’agit notamment du Soudan, de la Birmanie et du Burkina Faso, pays où les civils sont confronté-e-s à des atrocités telles que la violence génocidaire, la militarisation de l’aide alimentaire et d’autres formes d’aide, la violence sexuelle liée au conflit, le ciblage des infrastructures civiles et les déplacements massifs de population. Le rôle de notre gouvernement au niveau international dans la promotion des droits de la personne, de la justice et de la paix, y compris en Palestine, est d’une importance vitale pour nous.
En réaction aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023, la guerre d’Israël à Gaza a fait un nombre dévastateur et toujours croissant de victimes civiles. Elle vise systématiquement tout ce qui est essentiel à la vie et à la survie, des écoles aux hôpitaux, des terres agricoles aux sites de distribution de nourriture, déplaçant deux millions de personnes et plongeant plus de la moitié de la population – en majorité des femmes et des enfants – dans la malnutrition et la famine.
Actuellement, un cessez-le-feu est la seule mesure possible pour mettre fin à de nouvelles pertes civiles et garantir un accès immédiat à l’aide humanitaire à Gaza.
Nous saluons les actions récentes du Canada, notamment le fait qu’il se soit joint à plusieurs reprises à ses alliés pour demander un cessez-le-feu urgent, qu’il ait reconnu le rôle crucial de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugié-e-s de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et qu’il ait rétabli son financement, qu’il ait fourni des fonds à l’Unité d’appui aux projets des Nations Unies pour mettre en place des chaînes d’approvisionnement d’urgence à Gaza, et qu’il ait pris des mesures d’immigration d’urgence pour aider les personnes fuyant la catastrophe à Gaza. En outre, nous saluons la réaction rapide du Canada à l’avis consultatif de la CIJ du 19 juillet 2024, selon lequel l’occupation des territoires palestiniens par Israël est illégale, en insistant pour qu’Israël « réponde de manière substantielle » à l’avis consultatif, et en déclarant que la situation à Gaza est « catastrophique » et que la souffrance humaine est « inacceptable ».
Cependant, si ces actions sont nécessaires, elles ne sont pas suffisantes. Le Canada peut et doit faire plus.
Le Canada s’est engagé à faire respecter le droit international humanitaire erga omnes en toutes circonstances afin de préserver la vie, la dignité et l’humanité de toutes les personnes touchées par un conflit armé. En tant que partie à la Convention sur le génocide, le Canada doit prendre des mesures concrètes et immédiates pour éviter de contribuer à la poursuite de dommages irréparables à Gaza et pour prévenir les actes génocidaires décrits dans un récent rapport de l’ONU sur la situation à Gaza. Ceci est d’autant plus fondamental pour le Canada que le Premier ministre et son gouvernement, à la suite du rapport du GTMIM qui reconnaît le génocide perpétré au Canada contre les Premières Nations et les peuples autochtones, se sont engagés à faire du Canada un pays qui défend les droits, un pays de justice et d’opportunités. C’est pourquoi :
Il est essentiel que notre gouvernement veille à ce que la politique et l’action du Canada ne contribuent pas à des actes génocidaires et au renforcement des abus criminels commis à Gaza et dans d’autres conflits armés dans le monde. Le Canada a la possibilité de travailler au sein de la communauté internationale pour s’attaquer efficacement aux racines du conflit israélo-palestinien et oeuvrer en faveur d’un accord de paix durable et définitif.
Je vous prie d’agréer, l’expression de mes sentiments distingués,
Samantha McGavin, Directrice générale
Amanda Dale, Présidente, Conseil d’administration
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