Isabela Cruz a fondé une caisse d’épargne communautaire en 2019 afin de retrouver une stabilité financière pour elle-même et d’aider d’autres personnes de sa communauté de San Juan Cancuc, au Mexique, à faire de même.

Photo: CIMICH

Isabela Cruz vend du fil et de la laine à San Juan Cancuc, une ville du Chiapas, au Mexique.

Les femmes de sa communauté utilisent ses produits pour broder des sacs, des mouchoirs et des huipiles, des chemisiers autochtones traditionnels. L’accès à l’emploi et aux biens de consommation étant limité en région éloignée, la boutique d’Isabela lui permet de subvenir à ses besoins tout en contribuant à préserver la broderie traditionnelle dans sa communauté.

Au fil du temps, Isabela a réussi à développer son commerce, mais cela n’a pas toujours été facile.

« Je voulais apprendre à épargner, parce que je ne savais pas comment équilibrer mon budget », raconte Isabela.

« Je finissais toujours par ne plus rien avoir. »

C’est ainsi qu’en 2019 Isabela a aidé à mettre sur pied une caja de ahorros, soit une caisse d’épargne communautaire où les membres peuvent faire des emprunts à faible taux d’intérêt.


Retrouver la stabilité grâce à l’épargne communautaire

La Coalición Indígena de Migrantes de Chiapas (CIMICH), un réseau de communautés autochtones de la région et un homologue d’Inter Pares, travaille avec des personnes comme Isabela pour former des groupes d’épargne. À l’heure actuelle, elle en soutient sept, qui comptent à leur actif plus d’une centaine de membres. Ces groupes participent à la grande mission de la CIMICH pour renforcer l’autonomie autochtone. 

Grâce à l’épargne, Isabela a retrouvé de la stabilité dans sa vie. 

« La caja représente beaucoup pour moi. Quand quelqu’un tombe malade dans la famille, nous pouvons emprunter de l’argent à même notre propre épargne… Plus besoin de demander des prêts à la banque. » 

 La caja représente beaucoup pour moi. Quand quelqu’un tombe malade dans la famille, nous pouvons emprunter de l’argent à même notre propre épargne… Plus besoin de demander des prêts à la banque.

Renforcer les économies locales et l’autonomie des peuples autochtones

Au Chiapas, près de 70 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Les connaissances financières sont limitées, particulièrement chez les personnes autochtones et les femmes, et les taux d’intérêt peuvent atteindre les 20 %. Le manque de possibilités économiques dans la région pousse de nombreuses personnes autochtones à quitter la région. 

« Quand les gens s’en vont, c’est par obligation, à cause du manque d’emplois », explique Diego López, de la CIMICH. « Chaque année, le coût de la vie augmente. » 

À une époque où il est de plus en plus difficile de joindre les deux bouts, votre don aujourd’hui soutient des solutions portées par les communautés locales afin de renforcer les économies et de bâtir des communautés résilientes.

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La CIMICH travaille aux côtés de groupes d’épargne communautaires pour consolider des initiatives locales donnant aux populations les moyens de bâtir leur avenir. Que ce soit pour acheter et vendre des biens localement, comme Isabela, ou cultiver et vendre leurs propres aliments, les membres utilisent leur épargne afin de rester enraciné-e-s dans leurs terres ancestrales et éviter les risques de la migration. 

Three people work together in an outdoor community garden, preparing and sowing a planting bed surrounded by protective sheeting on forest soil, supporting local agriculture and food production.
Les membres des caisses d’épargne communautaires, soutenues par le CIMICH, utilisent leur épargne pour réinvestir dans des initiatives locales, comme ce jardin communautaire. Photo : CIMICH
A group of women work with dirt from a garden on a tarp on the ground.
De nombreux membres de groupes d’épargne communautaires utilisent leur épargne pour acheter et vendre des biens localement, ainsi que pour cultiver et vendre leur propre nourriture. Photo : CIMICH

De petits investissements pour un avenir meilleur

À Colonia Puebla, une petite localité à l’ouest de San Juan Canuc, les femmes membres d’un groupe d’épargne communautaire ont aménagé une petite plantation de café biologique. Elles cultivent les caféiers sans pesticides synthétiques, dans l’espoir de vendre leur café localement dans les années à venir. 

À l’image de l’entreprise d’Isabela, la plantation de café est née d’un choix collectif : se soutenir mutuellement. Ensemble, ces petits investissements donnent aux communautés la liberté de rêver et de construire leur avenir comme elles l’entendent.

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