1 septembre 2026

Où l’alimentation trouve sa juste valeur 

Two women outdoors pound ingredients in a large wooden mortar with long pestles, wearing brightly patterned clothing beneath trees.

À Diannah Diamoral, une petite ville de la région sud de la Casamance, au Sénégal, les femmes travaillent ensemble pour piler les fruits du palmier, ce qui permet d'en extraire la pulpe riche utilisée en cuisine et pour fabriquer de l'huile de palme.

Photo: Cherif Khoury

Partout en Afrique de l’Ouest, les femmes produisent la majorité des aliments qui nourrissent leur famille et leur communauté.

Elles entretiennent les champs, récoltent ce qu’elles cultivent, conservent les semences et vendent leurs produits dans les marchés locaux. Leur savoir et leur labeur sont les piliers des systèmes alimentaires locaux. 

Et pourtant, les agricultrices ont souvent du mal à tirer un revenu décent de leur travail.  

En Guinée-Bissau, au Togo, au Sénégal et au Burkina Faso, où œuvrent nos homologues, bien des femmes se butent à des obstacles à chaque tournant du chemin vers la sécurité économique. En raison de normes sociales patriarcales, le peu de terres qu’elles peuvent utiliser ne sont souvent pas à leur nom, alors elles ont du mal à obtenir du financement. Faute de fonds, elles manquent d’espace d’entreposage et d’équipement pour la transformation, et plusieurs sont forcées de vendre leurs récoltes rapidement, à bas prix.  

Faire tomber ces barrières, c’est renforcer les systèmes alimentaires, et les économies locales.  

Le pouvoir économique façonne le pouvoir politique.

À une époque où les changements climatiques, la diminution de l’aide internationale et les inégalités croissantes exercent une pression énorme sur les communautés—votre soutien aujourd’hui aide nos homologues à renforcer la souveraineté alimentaire, à faire progresser le leadership des femmes et à bâtir des solutions durables portées par les communautés.

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Reprendre le pouvoir grâce aux coopératives agricoles

C’est pourquoi nous soutenons des coopératives agricoles de femmes par l’intermédiaire de nos homologues locaux. Organisées sous une bannière commune, les femmes peuvent mettre leurs ressources en commun afin de transformer et commercialiser collectivement leurs produits. Nos homologues apprennent aux coopératives à fixer des prix justes. Avec le pouvoir accru tiré de la négociation collective des ventes, les femmes obtiennent davantage pour leurs produits. 

Et les femmes cultivent leurs produits selon des méthodes agroécologiques qui protègent le sol et la biodiversité. Elles apprennent à faire reconnaître leur travail à sa juste valeur. 

Les coopératives ouvrent aussi la porte à de nouveaux marchés, comme les boutiques de spécialités et les restaurants. Au Togo, par exemple, les femmes cultivaient et vendaient traditionnellement de petites quantités de fonio brut, une céréale ancienne très nutritive, après l’avoir transformé à la main. Ce procédé exige énormément de travail pour une qualité limitée. Aujourd’hui, les coopératives que nous soutenons avec notre homologue Inades-Formation Togo produisent du fonio sous plusieurs formes, de la farine au produit prêt à cuire et tirent un meilleur revenu de la même récolte. 

Djinille Diémé récolte des oignons cultivés selon des pratiques agroécologiques au Sénégal. Sa récolte contribue à nourrir les familles de sa communauté tout en lui procurant un revenu essentiel. Photo : Cherif Khoury

Prendre des décisions, façonner les économies locales

Quand les femmes contrôlent la façon dont leurs produits sont transformés, commercialisés et vendus, les avantages vont bien au-delà du simple revenu, explique Mariamé Ouattara, experte en questions de genre. Les familles investissent davantage dans l’alimentation, les soins de santé et l’éducation. Les coopératives sont plus solides. Les femmes gagnent en confiance pour négocier avec les acheteurs, obtenir du crédit et participer activement à la vie de la communauté. 

« Le pouvoir économique façonne le pouvoir politique », affirme Mariamé. 

Quand les femmes contrôlent davantage leurs moyens de subsistance, elles ont plus d’influence sur les décisions qui touchent leur famille, leur communauté et leur avenir. 

Ce travail ne se limite pas à cultiver des aliments. C’est aussi veiller à ce que les personnes qui nourrissent la communauté aient aussi le pouvoir de façonner les économies locales, de se construire des moyens de subsistance sûrs et de bénéficier de la pleine valeur de leur travail. 

Renforcer la souveraineté alimentaire, à faire progresser le leadership des femmes et à bâtir des solutions durables portées par les communautés.

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Telle que présentée dans

L’agroécologie, c’est plus que cultiver des aliments

Dans ce bulletin, on voit en quoi l’acrogécologie est plus qu’un ensemble de pratiques agricoles.

Inter Pares reconnaît l’appui financier d’Affaires mondiales Canada pour ce project.