Braver les montagnes pour rapporter des nouvelles

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Burma is one of the most dangerous places in the world to be a journalist. Even after fleeing to India, the members of the media we support (some pictured here, including Salai Sangte) remain anonymous for their safety. Credit: Sam McGavin / Inter Pares

« Avec le conseil militaire, impossible d’y retourner. »

Salai Sangte* dirige un média d’information autochtone soutenu par Inter Pares dans l’État Chin en Birmanie.

Un mois et demi après la tentative de coup d’État militaire en février 2021, Salai Sangte et la plupart de ses collègues ont fui en Inde. Près de la frontière birmane, ils opèrent désormais le site d’information en ligne, à distance. 

Aujourd’hui, la Birmanie est l’un des endroits les plus dangereux au monde pour les journalistes, selon Reporters sans frontières. Depuis le coup d’État, quatre journalistes ont été tué-e-s et au moins 176, arrêté-e-s. Il reste seulement une poignée des reporters de Salai Sangte au pays. Il s’inquiète pour son équipe et espère qu’un jour, il pourra les rejoindre dans l’État Chin.

« Si la démocratie fédérale est établie… nous allons sûrement retourner au pays – dans notre pays. »

Mais dans le sud de l’État Chin, l’armée a fermé tous les services de communication depuis plus d’un an. 

« Du côté sud, la communication est très, très difficile », explique Salai Sangte. Mais cela n’arrête pas les journalistes dans la région – ils envoient de l’information à partir d’un signal cellulaire de l’Inde qui traverse la frontière. « Les reporters vont là où ils [et elles] peuvent le capter au sommet d’une montagne. Ils et elles doivent [se déplacer] pendant une ou deux heures pour capter le signal. »

À l’instar du média de Salai Sangte, six autres organisations médiatiques autochtones soutenues par Inter Pares s’adaptent au conflit tout en informant le monde des atrocités commises par l’armée. Elles recrutent et forment des citoyens pour recueillir les nouvelles inaccessibles aux journalistes professionnel-le-s. Avec nos homologues, nous avons appuyé la formation de près de 200 journalistes citoyens d’un bout à l’autre de la Birmanie.

Dans cette situation difficile, plusieurs médias dépendent de la générosité des donateurs et donatrices pour survivre. Mais les fonds se tarissent avec l’escalade du conflit, déclare Salai Sangte. Avant le coup d’État, il y avait plus de 20 médias d’information dans l’État Chin. Il estime qu’il en reste seulement six.

« Il faut lutter de plus en plus pour survivre », dit-il des médias en Birmanie. « C’est notre avenir. »

Inter Pares est fière de soutenir les médias d’information autochtones et tous ceux et celles qui œuvrent pour la démocratie dans leur pays.

 

*Pseudonyme utilisé pour assurer sa sécurité 


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« Il faut lutter de plus en plus pour survivre », dit-il des médias en Birmanie. « C’est notre avenir. »

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