Inter Pares dénonce la crise rohingya et appelle à des mesures immédiates

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Samantha McGavin joins Amnesty’s Alex Neve and Kyle Matthews of the Montreal Institute for Genocide and Human Rights Studies in pressing for stronger Canadian measures. Also on stage: MPs Cheryl Hardcastle (at left) and Rob Oliphant (at right).
Samantha McGavin joins Amnesty’s Alex Neve and Kyle Matthews of the Montreal Institute for Genocide and Human Rights Studies in pressing for stronger Canadian measures. Also on stage: MPs Cheryl Hardcastle (at left) and Rob Oliphant (at right). Credit: Sandra Gasana

Inter Pares reste préoccupée par la crise actuelle des Rohingyas en Birmanie et au Bangladesh, et souhaite souligner le besoin pressant d’actions et de mesures par le gouvernement Canadien. Plus récemment, nous avons exprimé cette préoccupation lors de la conférence de la Tribune de la presse nationale le 7 décembre 2017, dans laquelle la responsable du programme d'Inter Pares en Birmanie, Samantha McGavin, s'est jointe à Alex Neve, d'Amnestie Internationale Canada, et Kyle Matthews de l'Institut montréalais d'études sur le génocide et les droits de la personne, pour dénoncer la crise et pousser le gouvernement canadien à agir. Dans ses remarques, Samantha a lié la crise à des abus systémiques de l'armée, à la fois historiques et actuels, contre les peuples ethniques de la Birmanie, mais aussi à un revirement de la transition démocratique birmane, qui ressemble de plus en plus à une dictature sous couvert d’un régime démocratique.

Depuis le début de la dernière crise (le 25 août 2017), Inter Pares a dénoncé les crimes contre l'humanité et a appelé à une réponse vigoureuse, d'abord avec la déclaration du 7 Septembre, puis dans le cadre d'une déclaration conjointe de la société civile le 26 Septembre. Notre gestionnaire de programme Birmane, Kevin Malseed, a témoigné le 27 septembre devant le comité des droits de la personne du Sénat. Lors de ce témoignage, il a contextualisé la crise et a permis aux sénateurs de comprendre la longue histoire de la persécution des peuples ethniques de la Birmanie. Il a notamment dénoncé les élus birmans pour leurs rôles dans les diverses violations des droits de la personne et la répression de ces communautés.

Samantha et Kevin ont pu visiter la Birmanie et le Bangladesh en novembre. Ils ont été accueillis par un de nos partenaires Rohingya, Kaladan Press Network, la première organisation de presse indépendante de cette communauté en Birmanie. Ils ont visité la région autour de Cox Bazar, près de la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh. Dans les camps de réfugiés, les abris précaires et piètres s'étendent sur des kilomètres dans une zone de cyclone. Samantha et Kevin ont rencontrés des personnes qui avaient marchés pendant plusieurs jours pour atteindre la zone de sécurité. Il y avait des femmes qui avaient accouché dans de minuscules structures en terre battue. Il y avait des hommes qui avaient reçu des balles. Il y avait des personnes dont les parents avaient été décapités et dont les villages avaient été réduits en cendres. Malgré tout, ils avaient réussi à trouver refuge dans le camp. Lors de leur séjour à Rangoon, Samantha et Kevin ont également visité le Projet Arakan, un groupe de surveillance qui a passé vingt ans à documenter les violations des droits de la personne contre les Rohingyas.

Après leur voyage, Samantha et Kevin ont rencontré plusieurs députés canadiens en novembre et décembre, afin de les sensibiliser et encourager une action canadienne de plus grande envergure. Ils ont également rencontré l'envoyé spécial, Bob Rae, le 6 décembre 2017. Au cours de ces réunions, ils ont souligné qu’une crise humanitaire est en cours et que cette crise est le résultat direct de l'alliance entre le gouvernement élu de la Birmanie et les forces armées. Cela vient défaire tous les efforts accomplis précédemment et affaiblit la transition démocratique de la Birmanie.

Inter Pares applaudit l'émergence d'un consensus qui appuie et encourage des actions concrètes tout en continuant à faire pression pour des mesures rapides et décisives. Il est grand temps de joindre l'action à la parole. Inter Pares appelle le gouvernement canadien à soutenir un embargo international sur les armes pour la Birmanie, à imposer des sanctions ciblées contre le secteur militaire, à geler les  avoirs et émettre des interdictions de voyager à des dirigeants militaires et gouvernementaux. Enfin, il est également important d’accueillir plus de réfugiés Rohingyas ici au Canada. 

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