Être témoin au Bangladesh

Nouvelles : Analyses

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 En début 2019, Ashley Armstrong (deuxième à gauche), codirectrice des communications, a voyagé au Bangladesh avec David Bruer (troisième à gauche), gestionnaire de programme pour l’Asie, pour rencontrer des personnes sans terre appuyées par Njiera Kori.Crédit: S M Mahfuzul Islam Rahat

Nous sommes sur un toit près de Chandina, au Bangladesh, assises en tailleur sur une natte. Des rizières, souffle une brise légère. Une femme aimable nous offre de l’eau de noix de coco, à mon grand soulagement – il ne fait jamais aussi chaud à Ottawa. Devant moi, une femme beaucoup plus âgée que moi, Achia, qui vit dans la communauté où nous nous trouvons. Elle fait partie d’un groupe de personnes sans terre soutenu par Nijera Kori, homologue de longue date d’Inter Pares. 

Depuis les années 1980, Nijera Kori mobilise de petits groupes de personnes sans terre qui réclament leurs droits. L’organisation compte maintenant plus de 200 000 membres au pays.

Après une discussion sur la violence contre les femmes avec le groupe d’Achia, nous sommes montées sur le toit pour parler plus discrètement de sa vie au village en tant que femme.

Quand Achia parle, ses yeux s’embuent. Elle pose sa main sur mon genou et me raconte comment, depuis trente ans, le groupe lui a donné des forces au cours d’une vie difficile. Elle parle avec véhémence, elle a besoin qu’on l’entende.
Mon travail en communication m’a donné maintes fois l’occasion d’être témoin de luttes sociales pour la justice. J’ai appris que le fait d’être là et d’écouter attentivement joue un rôle important pour qu’une personne se sente entendue. Des moments intimes comme celui-ci – partager une conversation et un verre d’eau de coco avec une méconnue dans la campagne du Bangladesh – tissent des liens entre les personnes. Des liens qui permettent de devenir plus visible au monde autours de nous.

C’est une tâche très sérieuse pour moi de raconter ce que des femmes comme Achia me confient – qui elles sont, comment elles vivent et comment elles résistent. Pour jeter un peu de lumière sur cette femme et ce qu’elle vit, quoiqu’à l’autre bout du monde.

À Inter Pares, notre rôle n’est pas seulement d’appuyer les luttes dans d’autres pays – c’est aussi de les rapporter chez nous, de les partager avec vous, alliés, partisanes et partisans de tout le pays. Nous partageons aussi ces luttes avec notre gouvernement, afin d’éclairer leur prise de décisions dans le but d’appuyer des groupes comme Nijera Kori.

Assise sur le toit, je suis émue au-delà des mots par Achia et par la lutte de sa collectivité pour défendre les droits des femmes et des personnes sans terre au Bangladesh. Une fois la conversation terminée, Achia joint dans ses mains, ridées par les années et le soleil, et me remercie de l’avoir écoutée. Revenue à Ottawa, je retrouve les mots, je prends la plume et je me mets à écrire.

Notre rôle n’est pas seulement d’appuyer les luttes dans d’autres pays – c’est aussi de les rapporter chez nous, de les partager avec vous.

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