Élargir le cadre de la discussion sur la Birmanie

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Inter Pares staff members Samantha McGavin and Rebecca Wolsak (at left and right) with CHRO's Sang Hnin Lian and KDNG's Steven Naw Awng (centre), speaking alongside Chris Lewa to MPs and Senators on Parliament Hill.
 Les membres du personnel d'Inter Pares, Samantha McGavin et Rebecca Wolsak (à gauche et à droite) avec Sang Hnin Lian de CHRO et Steven Naw Awng de KDNG (au centre), discutant avec Chris Lewa, les députés et les sénateurs sur la Colline du Parlement.Crédit: Cabinet de l'honorable député Bruce Stanton

Membre de l’équipe d’Inter Pares, Samantha McGavin a entrepris un voyage en Birmanie en avril 2018 qui l’a également menée en Thaïlande et en Malaisie. Ce voyage s’inscrit dans le cadre de l’approche à laquelle Inter Pares a recours afin d’établir des relations avec ses homologues. Nous visitons régulièrement les endroits où travaillent nos homologues pour rencontrer plusieurs personnes aux prises avec différents problèmes, écouter des comptes rendus directs de leurs luttes, et observer le travail d’organisation que mènent nos homologues. Les témoignages que nous recueillons et les relations que nous tissons alimentent le travail que nous menons au Canada afin de plaider pour la mise en place d’une politique étrangère responsable, de collecter des fonds, de sensibiliser les Canadiennes et les Canadiens, et de jeter des ponts entre nos homologues et des militants partageant la même vision ailleurs dans le monde.

Au début de juin 2018, une délégation formée de trois de nos collègues rattachés à notre programme sur la Birmanie s’est rendue à Ottawa afin de prendre part à une série d’événements permettant d’illustrer plusieurs de ces approches. Les membres du personnel de trois de nos homologues avaient déjà prévu de venir au Canada : deux d’entre eux se sont inscrits au programme international de formation aux droits de la personne d’Equitas, alors que le troisième a été invité à prononcer une allocution lors de la conférence annuelle du Conseil canadien pour les réfugiés à Toronto. Pour Inter Pares, leur séjour ici était une occasion parfaite de les rassembler à Ottawa afin de pouvoir présenter aux décideurs politiques un portrait plus complet de la Birmanie.

Marquée par une forte diversité ethnique, la Birmanie a enduré des décennies de dictature militaire où les minorités visibles ont été soumises à l’assimilation ethnique, religieuse et linguistique, et au cours desquelles des offensives contre des organisations de civils et de minorités ethniques armées ont été lancées. Malgré les élections de 2015 qui ont mis un terme à la succession de dictatures pour la remplacer par un gouvernement dominé par les militaires, les cas de violations des droits de la personne et des droits civils sont légion; en fait, la situation sur ce plan n’a fait qu’empirer depuis les élections. Ces violations comprennent des offensives majeures dans les États Kachin et Shan et des escarmouches dans d’autres endroits, des camps de concentration dans l’État Arakan, de même que des camps de déplacés internes dans les États Shan, Kachin, Chin et Karen. Dans l’État Chin, des pensionnats scolaires dirigés par le gouvernement forcent les enfants chrétiens à se convertir au bouddhisme. Des journalistes et des défenseurs des droits de la personne croupissent en prison, et les villages sont de plus en plus militarisés. De vastes projets d’exploitation de ressources naturelles sont supervisés par l’armée, ce qui permet à cette dernière de s’enrichir, non sans causer le déplacement forcé de communautés. L’aide humanitaire destinée aux communautés déplacées est régulièrement bloquée par le gouvernement et l’armée. Différents groupes communautaires ont par ailleurs documenté l’utilisation du viol comme arme de guerre employée par l’armée birmane dans presque tous les États où se concentrent les ethnies ciblées par les exactions.

Au cours des derniers mois, le monde a assisté à ce qui constitue peut-être le dernier chapitre du génocide des Rohingyas en Birmanie, qui n’a fait qu’empirer au cours des décennies. L’horrible violence et les déplacements massifs auxquels a donné lieu ce génocide, qui ont d’ailleurs été dénoncés par Inter Pares et de nombreuses autres organisations, ont suscité la réprobation de la communauté internationale, qui a alors entrepris d’intervenir — mais l’attention mondiale s’est disproportionnellement concentrée sur le seul cas du peuple rohingya. Dans l’ensemble, le génocide n’a pas mené à une compréhension généralisée de la situation plus vaste vécue par les ethnies persécutées en Birmanie qui, pendant des décennies, ont subi de manière continuelle et systémique la militarisation, la violence et l’assimilation.

Alors que le Canada entend affirmer son rôle émergent de leader dans la résolution de la crise des Rohingyas, l’accueil en juin 2018 de trois délégués qui travaillent sur les cas de violations des droits de la personne dans les États Kachin, Chin et Arakan constituait une occasion idéale de tirer profit de ce moment politique pour attirer l’attention des décideurs politiques sur les autres crimes de guerre commis en Birmanie qui doivent être dénoncés par la communauté internationale et nécessitent que cette dernière intervienne. Au cours de la rencontre que nous avons organisée avec les membres du parlement, les sénateurs, les ambassadeurs, les représentants d’Affaires mondiales Canada et Bob Rae, l’envoyé spécial du Canada auprès du Myanmar, nos délégués ont brossé un sombre tableau des cas de violations des droits qui ont lieu à travers le pays, et ont fait des propositions politiques afin d’aller de l’avant. Nous avons également aménagé des occasions d’entrer en relation avec les organisations non gouvernementales et les militants du Canada qui se penchent sur le cas de la Birmanie, de manière à ce que nos travaux s’alimentent mutuellement alors que nous créons des liens et nous partageons les dernières nouvelles.

De telles délégations constituent autant de cadres opportuns afin de faire entendre la voix de nos homologues au Canada, de manière à ce que les politiques et les gestes du Canada se fondent sur les expériences et les perspectives de la population. Au moment où le Canada renforce son implication vis-à-vis de la Birmanie, la prise en compte de ces voix ici au Canada est plus essentielle que jamais.

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