Quand le retour n’est pas aussi simple

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Mae La Camp, the largest camp in Thailand. Credit: Samantha McGavin

« Le camp est bondé et les gens vivent beaucoup d’incertitude. » Le leader élu de Mae La, le plus vaste camp de réfugiés en Thaïlande, explique ainsi la hausse alarmante du nombre de suicides parmi les résidents – un indice très éloquent de leur inquiétude pour l’avenir.

Contrairement aux autres camps de réfugiés dans le monde, Mae La et les autres camps de Thaïlande sont autogérés, avec l’approvisionnement matériel et le soutien de The Border Consortium (TBC), un homologue de longue date d’Inter Pares. Plusieurs résidents sont ici depuis plus de 20 ans. À l’instar des quelques deux millions d’autres réfugiés qui vivraient en Thaïlande, la plupart ont fui les tactiques de la terre brûlée et les violations des droits humains de l’armée birmane.

Même si la Thaïlande tolère les camps, elle fait face aux pressions récentes de la communauté internationale, impatiente de soutenir la transition démocratique en Birmanie et lasse de soutenir les réfugiés. Les ONG qui fournissent des services aux camps se retirent les uns après les autres et les gouvernements étrangers réduisent ou éliminent leur financement, citant la gravité d’autres crises de réfugiés dans le monde, ou préférant appuyer la démocratisation en Birmanie centrale. Les résidents ne savent pas vraiment d’où viendront les fonds pour la nourriture et le logement l’année prochaine.

TBC croit qu’en se retirant, les ONG et les gouvernements donateurs quittent un marathon de 30 ans au moment d’amorcer ce qui est peut-être le dernier tour. TBC se concentre sur des programmes qui améliorent les compétences des réfugiés dans des domaines utiles après la fermeture du camp tels que l’agriculture, l’entrepreneuriat et la gestion administrative. TBC facilite aussi la participation des réfugiés à des visites dans des sites de rapatriement éventuel afin qu’ils puissent prendre des décisions plus éclairées quant à leur avenir.

Les défis sont partout. Le gouvernement birman ne considère pas le soutien au rapatriement comme une priorité, déclarant qu’il n’a pas encore les moyens d’appuyer un retour massif. Les réfugiés parlent de l’armée qui occupe encore leur région, celle-là même qu’ils ont dû fuir. Plutôt que de se retirer, l’armée a profité des récents cessez-le-feu pour affermir sa présence dans les zones contestées d’où viennent la plupart des réfugiés. Il y a des combats sporadiques, notamment près de sites saisis par l’armée pour le développement de barrages et autres projets de développement appuyés par l’État. Il reste des mines antipersonnel non localisées, déposées par les différents acteurs du conflit. Les difficultés liées au retour sont énormes. Un retour massif dans la dignité et le respect suppose une préparation rigoureuse, raison pour laquelle il s’agit de la priorité derrière le  travail réalisé par les réfugiés et TBC depuis des années.

En dépit des difficultés, Inter Pares s’engage à soutenir les efforts des réfugiés en vue de bâtir un avenir sûr pour leur famille. Nous serons à leurs côtés pour la dernière étape du marathon, et nous continuerons d’inciter d’autres donateurs à faire de même. Les réfugiés ont bien géré leurs communautés en exil et ils sont les mieux placés pour déterminer l’étape suivante.

The Border Consortium croit qu’en se retirant, les ONG et les gouvernements donateurs quittent un marathon de 30 ans au moment d’amorcer ce qui sera peut-être le dernier tour.

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