Pourquoi les OGM inquiètent-ils Inter Pares?

Nouvelles : Analyses

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Des agriculteurs ouest africain dans un champ de coton en Inde
Des agriculteurs et agricultrices d'Afrique de l'Ouest en pleine observation : Documenter leur expérience permettra d'offir un contrepoids important au portrait que dresse l'industrie des OGMCrédit: Deccan Development Society

La fibre de la discorde : le coton OGM au Burkina Faso

Au cours des deux dernières années, plus de 500 agriculteurs de diverses régions productrices de coton du Burkina Faso ont documenté leur expérience avec le coton Bt de Monsanto. Cette recherche action de trois ans intitulée Le coton Bt et nous : la vérité de nos champs est  un contrepoids précieux, puisque le Burkina Faso a été le premier pays d’Afrique de l’Ouest à adopter les organismes génétiquement modifiés (OGM), et est cité par l’industrie en tant qu'exemple de réussite pour en faire la promotion dans d’autres pays.

Écouter ce que ces agriculteurs ont à partager au sujet du coton Bt dans cette courte vidéo :

 

Pourquoi les OGM inquiètent-ils Inter Pares?

Inter Pares œuvre à promouvoir la souveraineté alimentaire et l’agriculture écologique. Grâce à notre collaboration avec des agriculteurs et agricultrices de petites exploitations autour du monde et ici au Canada, nous en sommes venus à comprendre les risques et les conséquences que posent les OGM pour l’exploitation de fermes familiales, la biodiversité et la justice sociale.

Voici quelques raisons pour lesquelles les OGM inquiètent Inter Pares :

  • Les OGM sont la propriété intellectuelle d’entreprises. Ces brevets privent les agriculteurs du contrôle qu’ils ont toujours exercé sur leurs propres semences. Les agriculteurs sont maintenant forcés d’acheter les semences chaque saison pour les planter. Les OGM peuvent être très coûteux et doivent bien souvent être utilisés avec des pesticides coûteux, obligeant les fermiers à adopter un modèle de production agricole intensive utilisant des intrants chimiques. Bien souvent, les rendements accrus des agriculteurs ne compensent pas l’augmentation de ces coûts.
  • Des initiatives sont en cours pour introduire la technologie Terminator, qui consiste à utiliser des plantes qui sont programmées pour ne produire que des graines infertiles. Les agriculteurs seraient donc dans l’impossibilité de conserver les semences en vue de les replanter.
  • Développer des semences génétiquement modifiées en laboratoire est extrêmement coûteux, alors que les petits paysans génèrent beaucoup plus de nouvelles variétés de plantes, adaptées aux différents sols et aux conditions climatiques à une fraction du prix, et ce, sans brevet ni contrôle de la part des entreprises.
  • L’utilisation accrue d’un petit nombre de semences génétiquement modifiées brevetées réduit la biodiversité agricole. La perte de la diversité des cultures pose un risque sérieux pour la souveraineté alimentaire mondiale.
  • Les graines OGM peuvent facilement se propager et contaminer des variétés de plantes sauvages et des terres de fermes agricoles biologiques.
  • Les impacts des OGM sur l’environnement et sur la santé n’ont pas suffisamment été étudiés. 
  • Les préoccupations éthiques entourant le brevetage des organismes vivants sont toujours d’actualité.

Les OGM au Canada

Il y a vingt ans, le gouvernement du Canada approuvait les premières cultures et les premiers aliments génétiquement modifiés. Aujourd’hui, quatre cultures génétiquement modifiées sont cultivées au Canada : le canola, le maïs, le soya et la betterave. En 2001, la Société royale du Canada a été mandatée pour fournir des conseils à propos d’une série de questions concernant l’innocuité des produits alimentaires issus de l’application des techniques du génie génétique. Le rapport et ces conclusions ont été grandement ignorés. Les préoccupations principales face aux OGM demeurent. Quels sont les réels impacts des OGM sur notre environnement, nos systèmes alimentaire et agricole, notre économie, notre démocratie et notre santé?

Le gouvernement canadien n’a pas fait de suivi ni partagé des informations détaillées pour répondre à ces préoccupations. Pour lever le voile sur ces questions, Inter Pares travaille avec le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies sur l’Enquête OGM 2015. Cette initiative ambitieuse utilise la recherche du Canada et de par le monde, tout en réunissant des expériences d’agriculteurs, afin de comprendre les impacts de deux décennies de culture OGM. Pour plus d’informations à ce sujet : www.enqueteogm.ca

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