Quand rester n’est plus une option

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Des migrants centraméricains s’apprêtent à grimper sur la Bestia (la Bête), le tristement célèbre train qui les portera à travers le Mexique.
 Des migrants centraméricains s’apprêtent à grimper sur la Bestia (la Bête), le tristement célèbre train qui les portera à travers le Mexique.Crédit: PCS

Qu’est-ce qui vous pousserait à quitter votre pays? En Amérique centrale, le flot constant d’hommes, de femmes et de plus en plus d’enfants est maintenant normal. Mais au Guatemala et au Salvador, en passant par le Chiapas et maintenant le Honduras, l’homologue d’Inter Pares Consejería en Proyectos (PCS)  estime que bien souvent, les gens n’ont pas d’autre choix que de partir.

PCS considère la migration comme un déracinement forcé. PCS accompagne des organisations de la base qui traitent les multiples facettes de ce phénomène : rôle des femmes, familles de migrants disparus, protection internationale pendant le déplacement, travail migrant temporaire. Fanny Polanía coordonne le programme de migration de PCS en Amérique centrale. Experte dans le domaine, elle connaît aussi intimement la question, ayant quitté sa Colombie natale très jeune.

Le programme de migration de PCS étudie les modèles récurrents et les tendances dans la région. Ainsi, le Honduras a connu une augmentation spectaculaire des taux de migration depuis le coup d’État de 2009. Chaque année, 80 000 à 100 000 hommes et femmes sans papiers quittent le pays, qui a une population équivalente à celle du Québec. Le pays est ravagé par la violence, mais en l’absence de guerre officielle, les migrants du Honduras sont considérés comme des migrants économiques.

Une fois sorties de leur pays, les populations migrantes du Honduras voient leurs droits bafoués de façon régulière en cours de route. Fanny explique : « Quand ils traversent l’Amérique centrale et le Mexique, les migrants sont sans cesse exposés au vol et à l’extorsion. On les agresse, on les kidnappe, on les bat. On en fait le trafic et on les assassine, ils disparaissent et sont même parfois massacrés. Les femmes sont aussi violées et agressées sexuellement ». Pour faire la lumière sur cet état de choses méconnu, PCS a chargé une délégation de six spécialistes internationaux d’enquêter sur la situation des migrants honduriens. En présentant leur rapport à des autorités nationales et internationales à l’été 2015, PCS a contribué à faire connaître cette hideuse réalité et pressé les autorités locales et les institutions internationales d’intervenir.

Qu’ils fuient la guerre, la pauvreté, l’inégalité ou la violence, et qu’on leur attribue l’étiquette de réfugiés ou de migrants, les gens vont toujours tenter de survivre, et partir est souvent leur seule issue à court terme. Les personnes migrantes ont besoin de mécanismes internationaux de protection efficaces , adaptés à leurs besoins et aux difficultés qu’ils vivent. C’est pourquoi depuis des dizaines d’années, Inter Pares collabore avec le PCS et appuie son travail en vue de défendre les droits des migrants, mais aussi la capacité de chaque personne de faire le choix de rester.

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