Solidarité canadienne avec les travailleuses et les travailleurs migrants

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Photo: Laura Elizabeth Poh, Bread for the World
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À l'été 2012, Vivian Séguin s’est rendue au marché agricole près de chez elle, en Ontario. Tout en parcourant les étals, elle bavardait avec les agriculteurs. L’un d’entre eux à qui elle a demandé s’il employait des travailleurs migrants s’est vanté que ceux-ci travaillent quatre fois plus que les Canadiens.

Quand elle lui a demandé s’ils se plaignaient de leurs conditions de travail, il a rétorqué avec désinvolture qu’il ne se souciait guère de leurs plaintes. Elle lui a alors répondu qu’elle n’avait plus l’intention de s’approvisionner auprès de lui.
Lorsqu’il l’a prise à partie parce qu’elle avait, selon lui, des préjugés contre les travailleurs étrangers, elle lui a répliqué qu’elle en avait plutôt contre les agriculteurs canadiens qui les exploitent, avant de tourner les talons sous les applaudissements des autres clients.

Vivian Séguin a été sensibilisée à la problématique des travailleuses et travailleurs migrants suite à sa participation à une campagne de solidarité organisée par Inter Pares portant sur la relation qui existe entre les aliments qui se retrouvent dans nos assiettes et les personnes qui, de manière saisonnière, quittent leurs demeures dans le Sud mondialisé pour venir prêter main-forte aux producteurs d’ici.

Il est vrai que de nombreuses fermes traitent leurs employés équitablement; cependant, le Programme des travailleurs étrangers temporaires mettent ces derniers dans une position vulnérable. Comme les visas sont octroyés sur demande des employeurs, cela dissuade les travailleurs de se plaindre. Les conditions de travail et de logement ne sont peu ou pas contrôlées. Enfin, le Programme ne laisse pas la possibilité à ceux qui le désirent d’amorcer les démarches afin de faire une demande de résidence permanente.

Une campagne d’une durée de quatre mois s’est tenue à l’été et l’automne 2012. Pendant cette période, Inter Pares a soulevé ces problématiques dans un blogue et divers médias sociaux tout en donnant des exemples de cas où des personnes migrantes se sont mobilisées.

La collecte de fonds pour cette campagne fut aussi l’occasion d’établir des liens avec des gens qui s’intéressent à ces questions. Cette collecte de fonds et l’utilisation des médias sociaux ont su attirer l’attention de personnes comme Vivian Séguin, les encourageant à réfléchir sur la question et à agir en conséquence.

Dans le cadre de la campagne, Inter Pares a organisé une tournée de trois défenseurs des droits des travailleurs migrants du Guatemala, qui les mena dans neuf villes du pays. Les participants étaient José Sicajau, président de l’Association des Guatémaltèques unis pour nos droits (AGUND), une organisation appuyée par Inter Pares et qui est formée par d’anciens travailleurs et travailleuses migrants qui sont venus au Canada; Diego Lorente de Consejeria en Proyectos (Service d’accompagnement de projets, PCS en anglais) et le père Juan Luis Carbajal, le directeur du Bureau de la mobilité humaine de la conférence des évêques catholiques du Guatemala. Au Canada, ils ont eu l’occasion de rencontrer des défenseurs des droits des travailleurs migrants, des militants pour la souveraineté alimentaire et des membres de diverses communautés du Québec, de l’Alberta et du sud de l’Ontario.

Au cours de leurs nombreux arrêts, les trois militants ne se sont pas contentés d’évoquer la pénible réalité des travailleurs migrants, mais ont aussi rappelé le besoin de changer les politiques et réglementations nationales et provinciales. De son côté, le public a pu discuter sur la manière dont les gestes de la vie quotidienne contribuent ou contribueraient à préserver les droits des travailleurs migrants.

Inter Pares continue de forger des liens entre les mouvements de défense des droits des travailleurs migrants et les mouvements pour la justice alimentaire, tout en engageant la population dans cette démarche.

Lorsqu’il l’a prise à partie parce qu’elle avait, selon lui, des préjugés contre les travailleurs étrangers, elle lui a répliqué qu’elle en avait plutôt contre les agriculteurs canadiens qui les exploitent.

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