Vision transformatrice pour une justice de genre

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 Des femmes discutent et recensent leurs activités de subsistance.Crédit: Karen Women's Organization

Nous sommes un petit groupe, surtout des femmes, assises dans la chaleur de l’après-midi de l’ouest de la Birmanie. Pour nous raconter son histoire, Khin* a marché deux jours sur de rudes chemins de montagne. D’une voix déterminée, elle raconte les sévices qu’on lui a infligés et sa peur d’en parler. Elle parle du moment où elle a réalisé que d’autres femmes du village partageaient la même peur. Khin nous explique comment cela a déclenché un processus lent et prudent en vue de mobiliser les femmes autochtones et créer des espaces où elles puissent se soutenir entre elles.

Malgré le patriarcat qui règne dans leurs villages isolés, Khin et ses collègues ont obtenu des résultats stupéfiants. Elles ont sondé plus de 3000 personnes sur la violence familiale et discuté des lois coutumières dans le domaine. Les femmes ont ensuite plaidé avec succès pour une modification des lois, notamment le droit des filles à l’héritage familial.

À l’autre bout de la Birmanie, une autre organisation de femmes appuyée par Inter Pares travaille à améliorer les lois locales, à partir du même constat issu de son travail d’appui en situation de crise. À la suite de ses interventions, l’appareil de gouvernance autochtone a adopté en 2019 une réforme en profondeur des lois pénales afin que la justice respecte davantage les droits des femmes, prévoyant entre autres des sanctions plus sévères en cas de violences physiques ou sexuelles.

Ces efforts en vue de fournir un espace sûr, d’offrir du soutien d’urgence et de plaider pour le changement s’inscrivent dans la collaboration d’Inter Pares avec  de nombreuses organisations locales de toute la Birmanie qui œuvrent à la promotion de la santé et des droits reproductifs et sexuels. Des organisations autochtones de la santé jouent aussi un rôle central, par la formation de sages-femmes et d’accompagnatrices traditionnelles à la naissance, et les services de planification familiale. Elles ont amorcé l’élaboration d’un cursus d’éducation sexuelle, de concert avec du personnel enseignant local. À l’heure où l’on redoute à juste titre le nettoyage ethnique, tout travail relatif aux droits reproductifs doit émaner du milieu et se faire avec la plus grande prudence.

À Inter Pares, nous reconnaissons que l’intersectionnalité des enjeux relatifs à la santé et aux droits reproductifs exige un éventail d’interventions. Nos partenaires en Birmanie sont des organisations locales de confiance, qui utilisent une approche intégrée pour aider des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants à mener une vie plus sûre et plus saine. C’est un honneur pour nous d’accompagner ces activistes, ces travailleurs sociaux et ces fournisseurs de soins de santé dans leur travail en vue de changer la culture et le système. Ils partagent avec nous une vision transformatrice pour une justice de genre.

*En raison des risques auxquels s’exposent les activistes et la société civile en Birmanie, des noms ont été modifiés ou omis pour des raisons de sécurité.
 

Nos partenaires en Birmanie sont des organisations locales de confiance, qui utilisent une approche intégrée pour aider des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants à mener une vie plus sûre et plus saine.

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