Assurer des conditions de travail sécuritaires pour les défenseur(e)s des droits de la personne

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 Un défenseur du droit à la terre issu de la communauté de Las Pavas, se sentant menacé, porte un gilet pareballes, dans la région du bas Magdalena en Colombie.Crédit: Carlos A. Guevara – Programa somos defensores

Jamais je n’oublierai le frisson qui parcourut ma colonne vertébrale la première fois que j’ai vu Francisco, un militant syndical colombien qui compte parmi mes amis les plus chers, prendre de manière désinvolte sa veste pareballes afin de m’accompagner pour une courte promenade dans le quartier de Bogotá où il travaillait.

En Colombie, de même que dans plusieurs autres endroits du monde, les femmes et les hommes qui défendent les droits de la personne voient leur sécurité physique soumise? à d’énormes risques. Selon Michel Forst, le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l’Homme, le nombre d’attaques menées contre les défenseur(e)s des droits de la personne (DDP) est partout en hausse. « Ce ne sont pas des actes de violence aléatoires… mais bien des attaques concertées contre celles et ceux qui tentent de concrétiser l’idéal de la Déclaration universelle
des droits de l'Homme. »

Ces attaques prennent plusieurs formes, mais toutes visent à nuire au travail des DDP en intimidant les communautés de même que les militant(e)s afin de les réduire au silence. Les DDP sont victimes d’agressions physiques, de menaces de mort verbales ou écrites, de détention arbitraire, d’acharnement
judiciaire, de campagnes de dénigrement, de stigmatisation et de pénalisation. Le nombre d’assassinats ciblés est en hausse : un rapport publié en juin 2018 par l’organisation Front Line Defenders rapporte que le nombre de DDP assassinés a augmenté de 100 % au cours des quatre dernières années. Le risque est particulièrement élevé dans quatre pays où Inter Pares collabore avec des homologues locaux : la Colombie, le Mexique, le Guatemala et les Philippines. La majorité des personnes concernées ont été ciblées parce qu’elles cherchaient à défendre leurs territoires ou les droits des peuples autochtones, souvent dans des régions rurales éloignées.

Inter Pares fait montre de vigilance face aux menaces qui planent sur ses homologues locaux à l’étranger, et s’est d’ailleurs jointe à différents alliés afin de demander aux ambassades canadiennes à l’étranger d’appliquer de manière efficace les lignes directrices énoncés dans un document intitulé Voix à risque, adoptées par le gouvernement canadien en 2016. Ces lignes directrices fournissent des indications visant à mieux protéger et mieux soutenir les DDP locaux, incluant celles et ceux qui critiquent les impacts des opérations des entreprises canadiennes à l’étranger.

Par ailleurs, nous soutenons le Projet Accompagnement Québec-Guatemala (PAQG) ainsi que le réseau Breaking the Silence Maritimes-Guatemala (BTS), qui offrent un accompagnement aux militant(e)s et communautés du Guatemala qui sont menacé(e)s. À titre d’accompagnateurs internationaux, ces deux homologues consignent les gestes d’intimidation, menaces ou actes de violence perpétrés à l’encontre des DDP et diffusent rapidement cette information par l’entremise de réseaux nationaux et internationaux. Leur but est de contribuer à décourager les actes de violence, et de créer un espace au sein duquel les DDP peuvent continuer à s’exprimer.

Les militant(e)s pour les droits de la personne, comme mon ami colombien Francisco, savent que les vestes pare-balles ne sont pas la solution. Aux côtés de ces personnes courageuses, nous travaillons dans l’espoir de voir un jour la promotion et la protection des droits de la personne être soutenues et reconnues comme des droits civils fondamentaux et des biens publics.

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