Bâtir les fondations de la paix en Birmanie

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L’école de leadership pour les jeunes femmes de KWO : une cérémonie de remise de diplômes.
L’école de leadership pour les jeunes femmes de KWO: une cérémonie de remise de diplômes.Crédit: KWO

Si vous avez bâti des châteaux dans les nuages, vous n'avez pas travaillé en vain; c'est là qu'ils doivent être. Vous n'avez plus qu'à bâtir les fondations dessous.
– Henry David Thoreau

Il y eut une rencontre historique en avril 2012. Aung San Suu Kyi, leader birmane pour la démocratie et maintenant députée, et Zipporah Sein, militante des droits des femmes maintenant à la tête de la Karen National Union (KNU), ont réussi à se voir pour la première fois. Les Karens sont le troisième groupe ethnique en importance en Birmanie, et la KNU mène depuis des décennies un long combat vers l'autodétermination. Les politiques répressives et la brutalité du pays où elles vivent ont changé à jamais la vie de ces deux femmes incroyables. Cette rencontre fut un jalon important dans leur aspiration à une nation pacifique et démocratique – un rêve qui prenait parfois figure d'impossibles châteaux dans les nuages.

Depuis 1991, Inter Pares travaille avec des gens de la Birmanie, un pays en conflit depuis son indépendance. Diverses formes de gouvernements appuyés par l'armée ont ravagé le pays et y ont systématiquement ancré la corruption, la violence et l'impunité. Une élection tenue à la fin 2010 et des réformes effectuées par un gouvernement dit civil ont suscité l'espoir prudent que la Birmanie pourrait bien connaître enfin la paix et la démocratie.

« C'est avec un grand espoir teinté d'incertitude que nous constatons les changements amorcés en Birmanie, nous a récemment écrit la Karen Women Organization (KWO), homologue d'InterPares. Il y a eu tant de faux départs et d'espoirs brisés… La KWO ne peut prédire l'avenir… mais nous ne pouvons pas non plus attendre que le changement soit chose certaine. »

Zipporah a dirigé la KWO jusqu'à son élection à la tête du principal parti politique du peuple karen, la KNU. La KWO offre de la formation et du soutien aux femmes dans l'État Karen et les camps de réfugiés en vue de promouvoir le leadership des femmes et leur participation politique, et pour prévenir la violence contre les femmes.

Inter Pares appuie le travail de plus de cinquante organisations locales birmanes. Comme la KWO, aucune ne se contente d'attendre l'arrivée du changement. Elles sont toutes en train de bâtir les fondations du « château dans les nuages » – celui de la paix, de la démocratie et du respect des droits de la personne.
Nous appuyons les femmes et les hommes de la Birmanie qui travaillent ensemble à protéger l'environnement et à fournir des aliments et des soins de santé dans leur collectivité. Nous appuyons les gens qui travaillent à favoriser l’autonomie des femmes, documenter les violations des droits de la personne et offrir des nouvelles et de l'information dans leur propre langue. Ces groupes sont des incubateurs de la pratique démocratique, qui appliquent les principes de participation, d'égalité des sexes et de reddition de comptes à leur structure de base. Collaborant par-delà les ethnies et les nationalités, ils surmontent la méfiance au fur et à mesure qu'ils explorent des solutions à leurs problèmes communs. À partir de leurs récits et leurs recommandations en matière de politiques, Inter Pares sensibilise la population et le gouvernement du Canada à la situation en Birmanie.

En 2002, la KWO a participé à un échange coordonné par Inter Pares. Des femmes birmanes et guatémaltèques ont constaté des parallèles frappants dans leurs luttes : discrimination ethnique, conflit armé, déplacements et violence contre les femmes. Elles ont échangé des récits personnels poignants, mais aussi des stratégies pour négocier la paix, abordant des enjeux aussi délicats que la violence sexuelle et la difficulté de promouvoir les droits des femmes dans un contexte postconflit.

En 2007, la KWO a participé à une table ronde organisée par Inter Pares où des homologues d'Amérique latine, d'Asie et d'Afrique ont élaboré des stratégies pour combattre la violence contre les femmes. Plus récemment, nous avons appuyé le travail de la KWO en vue d'assurer la participation des femmes à toute transition vers la paix et la démocratie dans l'État Karen.

Le travail de la KWO, favorisant la participation politique des femmes, ainsi que le leadership politique de Zipporah, sont des facteurs qui ont eu un impact important sur les pourparlers de paix menés par la KNU avec le gouvernement birman dominé par l'armée. La participation des femmes à ces pourparlers et une consultation effective de la base témoignent du travail à long terme de la KWO en vue de bâtir une société démocratique où les femmes sont valorisées et respectées.

Ces groupes sont des incubateurs de la pratique démocratique, qui appliquent les principes de participation, d'égalité des sexes et de reddition de comptes à leur structure de base.

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