Guinée-Bissau : un vent d’espoir

Nouvelles : Analyses

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Maison des droits
La maison des droits : le centre offre un espace pour sensibiliser la population sur les droits de la personne en Guinée-Bissau.Crédit: Patricia Charest Mugwaneza

Au début 2015, Patricia Charest Mugwaneza, membre du personnel, a visité Tiniguena, un homologue d’Inter Pares. Elle raconte son expérience.

C’était ma première visite en Guinée-Bissau. Avant de m'y rendre, je savais que je serais renversée par la beauté de ce petit pays vert émeraude sur les rivages de l’Afrique de l’Ouest, et j’avais hâte de rencontrer Tiniguena, l’homologue d’Inter Pares qui se voue à la protection de la biodiversité unique du pays.

Mais je ne m’attendais pas à un tel vent de changement! Il se passait vraiment quelque chose de particulier dans ce pays. Après le dernier d’une série de coups d’État militaires et deux ans de transition démocratique, les élections de 2014 ont enfin mis au pouvoir un gouvernement légitime élu de manière démocratique désireux d’écouter le peuple et de créer un changement social.

Tout semble à nouveau possible et l’équipe de Tiniguena est portée par ce vent d’optimisme. Une illustration de ce virage est la récente conversion de la plus ancienne prison du pays, où plusieurs régimes autoritaires ont tour à tour emprisonné et torturé les dissidents, en la Casa dos Direitos (Maison des droits). L’édifice héberge aujourd’hui la Ligue de défense des droits de la personne, dont Tiniguena est un membre actif. La Maison des droits offre aux militantes et aux militants un lieu où écrire, publier, sensibiliser et faire campagne pour les droits de la personne en Guinée-Bissau. 

À la fin 2013, Tiniguena a organisé un forum conjoint sur la souveraineté alimentaire qui a réuni 120 organismes. Des citoyens, des villageois, des représentants du gouvernement de transition et d’organismes non gouvernementaux de toute la Guinée-Bissau ont émis des recommandations concrètes en vue d’améliorer et de défendre le droit universel à une alimentation adéquate. Leur voix a été entendue : le gouvernement a par la suite formé un comité national – dont fait partie Tiniguena – qui étudie maintenant les lois foncières afin de favoriser l’autosuffisance Alimentaire en Guinée-Bissau.

Des organisations comme Tiniguena saisissent l’occasion politique de créer un changement profond et durable pour la justice en Guinée-Bissau. Mais ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Ce changement témoigne du courageux travail de mobilisation réalisé par Tiniguena lors des périodes de répression les plus sombres de l’histoire du pays. Pour moi, ce voyage fut une bouffée d’air frais, à l’heure où l’on étouffe la dissidence à tant d’endroits dans le monde, au prix de l’innovation sociale et du progrès.

Les élections de 2014 ont enfin mis au pouvoir un gouvernement légitime élu de manière démocratique désireux d’écouter le peuple et de créer un changement social.

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