Inter Pares rend hommage à Diana Avila Paulette, militante et ancienne directrice générale de PCS

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 Diana Avila Paulette

L’équipe d’Inter Pares déplore la disparition de sa compañera Diana Avila Paulette. Cette grande amie péruvienne fut à la fois militante de longue date, collègue et complice de nos luttes pour la justice et les droits de la personne.

Diana s’est éteinte dans sa maison à Lima en décembre dernier, à la suite d’une longue maladie.

Diana a été la directrice générale du Project Counselling Service for Latin American Refugees (PCS) durant plusieurs années, et a ultimement dirigé le processus de transition ayant permis en 2007 de faire du PCS une organisation dont la portée s’étend à toute l’Amérique latine. Elle a siégé au conseil d’administration de cette organisation, puis l’a présidé jusqu’à ce que sa santé déclinante l’empêche de poursuivre cet engagement. 

Aux côtés d’Augusta Hernandez de l’organisation Tiniguena, Diana s’est adressée aux amis et aux sympathisants d’Inter Pares lors de l’événement soulignant notre 30e anniversaire qui s’est tenu au pavillon Tabaret de l’Université d’Ottawa. Nous nous souvenons également de Diana dans le film From the Ashes. Ce dernier documente les processus uniques que Diana et le PCS ont conçus avec Inter Pares afin de rétablir la vérité et la justice pour les femmes autochtones victimes de violences sexuelles employées comme arme de guerre. Le film montre également comment ces femmes ont pu rebâtir leur vie au sein de communautés implantées dans les hautes Andes à la suite de la dévastation engendrée par le long conflit qui a opposé l’armée péruvienne aux combattants du Sentier lumineux (Sendero Luminoso).

Dans son pays, Diana était reconnue comme une experte de la question des conditions des personnes déplacées à l’intérieur des hauts plateaux andins. Elle était également une amie reconnue et acceptée des gens qui vivaient dans les communautés urbaines et villageoises des hauts plateaux andins qui ont été déracinées.

Le travail de Diana ne s’est toutefois pas limité au Pérou. À titre de militante internationale pour les droits de la personne puis de directrice générale du PCS, Diana a travaillé avec des organisations locales à travers l’Amérique latine afin de protéger et de soutenir les personnes réfugiées, celles déplacées à l’intérieur de leur région, et celles touchées par les conflits intérieurs. Elle a fourni de l’aide matérielle aux communautés affectées tout en soutenant le combat pour leurs droits et la démocratie. En parallèle, Diana s’est servie de sa notoriété internationale pour porter la cause des communautés assiégées à l’attention des militants et des politiciens du Canada, des États-Unis et de l’Europe.

Dans le cadre de son travail, Diana a su forger des liens durables avec un grand nombre de militants — des animateurs communautaires dans le Chiapas, des défenseurs des consommateurs dans des quartiers urbains au Salvador, des éducateurs populaires et des travailleurs de la santé au Guatemala, et des défenseurs des droits de la personne en Colombie.

Diana était une meneuse, une visionnaire, une travailleuse acharnée, une auteure, une poète et tout simplement une organisatrice communautaire exceptionnelle. Son courage a transformé ses paroles en actions, et jamais elle n’a été effrayée par les défis qu’elle a dû affronter alors qu’elle soutenait les personnes avec qui elle travaillait. Elle est toujours parvenue à accomplir l’impossible. Drôle et enjouée, elle était également une véritable boule d’énergie lorsque nous travaillions, discutions ou partions en expédition avec elle. Quelle chance ce fut pour nous de réaliser toutes ces choses à ses côtés!

Diana considérait la création de relations — avec les gens et parmi eux — comme le cœur du travail d’organisation communautaire. Elle savait d’instinct ce qui peut se produire lorsque les personnes sont capables de partager leurs expériences et leurs points de vue avec celles qui ont vécu des situations semblables. Elle excellait par ailleurs dans la création et le maintien de réseaux locaux et internationaux de soutien mutuel.

Un article du bulletin d’Inter Pares paru en 2004 rapporte les paroles suivantes de Diana : 

« À titre de personnes partageant une perspective conationale, nous avons tant de choses à nous apprendre mutuellement, tant de moyens à saisir pour nous entraider. Bien qu’au bout du compte, ce soit chez moi que j’aie le plus d’influence, et bien que nos efforts locaux soient couronnés de succès et aient des effets permanents, c’est le monde entier qui doit changer. Afin que cela se produise, nous devons nous connaître, nous comprendre et travailler ensemble, tant localement que mondialement. »

Diana, qui incarnait et promouvait cette conviction, était un modèle pour nous. Elle nous manquera. Nous nous considérons toutefois comme privilégiés d’avoir travaillé à ses côtés, et nous continuerons d’être inspirés par son exemple. 

À titre de personnes partageant une perspective conationale, nous devons nous connaître, nous comprendre et travailler ensemble, tant localement que mondialement.

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