La géographie sociale en mutation au Salvador

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Angélica Rivas et Veronica Zalazar
À la défense des femmes violentées : Angélica Rivas (à droite) en compagnie de Veronica Zalazar de la municipalité de Suchitoto se tiennent devant une affiche sur laquelle il est inscrit : « Ici, à Suchitoto, nous voulons une vie libre de violence envers les femmes »Crédit: Bill Fairbairn

Le Salvador a la plus haute densité de volcans de tout le continent américain. À l’instar des plaques tectoniques qui façonnent ce petit pays, le mouvement féministe du Salvador a contribué à transformer la situation des femmes. Au cours des dernières années, l’équivalent d’un séisme a secoué la société salvadorienne et des mouvements sociaux profitent des nouvelles ouvertures politiques. Notre homologue, la Colectiva Feminista para el Desarrollo Local (le Collectif féministe pour le développement local) se retrouve à l’épicentre de ce phénomène.

Angélica Rivas se considérait déjà féministe quand le Front de libération national Farabundo Martí, un groupe de guérilleros devenu parti politique, a été porté au pouvoir en 2009 après vingt ans de règne du parti conservateur ARENA. Son expérience en tant que coordonnatrice de La Colectiva lui a appris que les organisations de femmes du Salvador n’ont jamais hésité à descendre dans la rue de manière pacifique pour s’exprimer sur des sujets controversés.

Angélica se souvient aussi qu’avant 2009, la réaction des autorités gouvernementales prenait plus souvent qu’autrement la forme de coups de matraque. Aujourd’hui, les forces policières sont toujours présentes lors des manifestations, tandis que désormais, elles accompagnent les personnes qui exercent leur droit de protester et assurent leur sécurité. Comme elle le dit elle-même, « le gouvernement a enfin compris que la répression n’apportera aucun changement constructif. »

D’autres indices d’ouverture ont accompagnés de nouvelles possibilités de dialogue entre le gouvernement et la société civile, telles qu’une la table ronde nationale sur les questions de sécurité. La Colectiva et d’autres organisations féministes y sont représentées par la coalition Prudencia Ayala, qui côtoie des délégués du secteur privé et des nombreuses églises du pays. Bien que les femmes soient lourdement sous-représentées dans ces discussions, Angélica croit que ces ouvertures ont permis l’adoption de programmes nationaux pour combattre la violence contre les femmes.

Alors que la répression étatique chute radicalement et que s’ouvrent des espaces de dialogue avec les autorités, la société civile salvadorienne fais de grands pas en matière de progrès social, notamment pour les femmes. Certaines questions sont encore particulièrement délicates dans ce pays plutôt conservateur sur le plan social, tel que le droit des femmes de disposer librement de leur corps. Mais La Colectiva et ses alliées seront à l’avant-garde des luttes pour réaliser ces changements, avec le soutien et la solidarité d’Inter Pares.
 

Alors que la répression par l’État chute radicalement et que s’ouvrent des espaces de dialogue avec les autorités, la société civile salvadorienne rattrape le retard en matière de progrès social, notamment pour les femmes.

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