La justice fiscale et l’égalité des sexes

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Qu’est-ce que la justice fiscale a à voir avec le féminisme et l’égalité des sexes? Pour Inter Pares et plusieurs de ses collaborateurs, les liens sont évidents. La justice fiscale est un enjeu féministe et l’État doit y voir pour combattre l’inégalité des sexes. Récemment, notre homologue Canadiens pour une fiscalité équitable (CFÉ) a présenté son argumentaire en personne au ministère des Finances : les pays ont besoin de programmes sociaux pour  contrer l’inégalité des sexes et ils ont besoin pour cela de revenus fiscaux. Diana Gibson de CFÉ explique : « L’État a besoin de revenus pour offrir des programmes vitaux pour les femmes à faible revenu au Canada : soins aux enfants et aux personnes âgées, assurancemédicaments et pensions de vieillesse. »

Dans tous les pays du monde, en moyenne, les femmes ont des revenus moins élevés; font plus de travail non rémunéré; occupent plus d’emplois précaires et mal payés; et souffrent d’une sécurité du revenu moindre que les hommes. Cette inégalité économique se reflète aussi dans d’autres domaines, comme l’accès à la santé et à l’éducation. Les revenus fiscaux déterminent en bonne partie la capacité de l’État de réduire l’inégalité des sexes, comme l’illustre une étude réalisée dans des pays africains par ActionAid.

L’augmentation des revenus fiscaux – mesurée en pourcentage du PIB – se traduit par une diminution du niveau de mortalité maternelle. Évidemment, cela dépend aussi de la façon d’utiliser les revenus. Ils peuvent servir à payer des avions de chasse ou des programmes de soins aux enfants. Il est capital de renforcer la capacité de la société civile, notamment celles des organisations de femmes, à exiger que les gouvernements rendent compte de l’utilisation des fonds publics.

Au Canada, et de façon encore plus criante dans le Sud mondialisé, le niveau élevé de fraude fiscale et d’évitement fiscal détourne des sommes énormes des coffres de l’État pour les mettre à l’abri dans des paradis fiscaux. Ce sont les femmes et les enfants qui en souffrent le plus. Le fardeau des soins et le niveau de pauvreté des femmes diminuent radicalement quand il y a des revenus pour payer les soins de santé, les soins aux enfants, l’éducation, l’eau potable, les transports encommun et un approvisionnement électrique fiable.

Si on veut que les pays disposent des revenus requis pour combler les besoins des femmes pauvres, le gouvernement du Canada doit s’attaquer aux problèmes des systèmes financiers mondiaux. Il y a des moyens concrets d’atteindre la justice fiscale, par exemple, des systèmes de déclarations de taxes pays par pays et des registres publics de la propriété. Cela suppose toutefois que le Canada et d’autres pays riches aient la volonté politique de les mettre en place. En collaborant avec des groupes tels que CFÉ et en faisant du travail de plaidoyer, nous pouvons y arriver!

 

 

 

 

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