La production alimentaire, une affaire politique

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In Bangladesh: a memorial to murdered activist Korunamoyee.
Au Bangladesh: un monument commémoratif en mémoire de Korunamoyee. Crédit: David Bruer

En novembre 2012, au Bangladesh, David Bruer, membre de l’équipe d’Inter Pares, a eu l’occasion de déposer une gerbe de fleurs sur le monument commémoratif en mémoire de Korunamoyee. Il y a près de vingt ans, cette femme démunie, mais courageuse a trouvé la mort aux mains d’hommes à la solde de riches éleveurs de crevettes.

Illettrée et sans instruction, elle avait pris la tête d’un mouvement de protestation contre ces éleveurs qui voulaient inonder les terres de sa communauté d’eau salée pour y pratiquer l’élevage de crevettes destinées à l’exportation.
Chaque année depuis son assassinat, des hommes et des femmes membres de Nijera Kori, un homologue d’Inter Pares, se retrouvent pour honorer sa mémoire et sa victoire, puisque les membres de sa communauté ont pu détourner les éleveurs de crevettes de leurs fermes avec succès. Mais cette industrie, au Bangladesh et ailleurs, est la cause de nombreuses évictions similaires qui permettent à certains de réaliser d’importants profits en fournissant aux consommateurs étrangers des crevettes à bas prix.

Chaque année, depuis quatre ans, José Sicajau fait le voyage du Guatemala au Canada pour récolter les légumes dont la population canadienne se nourrit. Pour avoir témoigné contre un exploitant agricole qui avait frappé un travailleur avec un tuyau, José Sicajau a été mis sur une liste noire et rayé du Programme des travailleurs étrangers temporaires.

Il voudrait bien revenir au Canada parce qu’il y gagne plus d’argent que chez lui; mais il veut aussi que les droits du travail soient respectés et que les travailleuses et travailleurs migrants soient traités de manière équitable. José Sicajau est cofondateur d’AGUND, une association de travailleuses et travailleurs migrants qui bénéficie de l’appui d’Inter Pares qui exhorte les autorités guatémaltèques à se préoccuper du sort de leurs ressortissants travaillant à l’étranger.

L’année dernière, nous avons invité José Sicajau au Canada pour soulever, auprès de représentants du gouvernement, de groupes de défense des droits des travailleuses et travailleurs migrants et de militants pour l’alimentation de tout le pays, la question de la nécessaire réforme du Programme. Des militants du Guatemala ont ainsi pu unir leurs forces avec d’autres militants du Canada qui considèrent qu’une alimentation saine et des conditions de travail équitables sont compatibles.

Qu’il s’agisse de crevettes importées ou de légumes cultivés au Canada, les méthodes de production alimentaire ne sont pas dénuées d’importance. De nombreux facteurs personnels entrent en jeu dans toute décision d’achat; et personne n’aime se sentir coupable en raison de ses choix alimentaires.
Bien qu’il soit tout à fait possible d’adopter un comportement éthique en matière d’alimentation, il n’en demeure pas moins que la justice alimentaire dépasse nos choix individuels.

Les causes du problème sont plus profondes : elles se trouvent dans des politiques de commerce et d’immigration inéquitables, dans l’industrialisation de l’agriculture et dans notre dépendance accrue aux aliments à bas prix. Inter Pares s’allie à des mouvements comme AGUND et Nijera Kori pour régler le problème à la source, en revoyant les conditions selon lesquelles notre nourriture est produite.

Notre impact

Soutenir les efforts de travailleurs temporaires étrangers et de Canadiens qui luttent contre les violations de leurs droits et œuvrent en faveur de politiques de migration justes.

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