Tisser des liens de solidarité avec l’Afrique de l’Ouest

Nouvelles : Mises à jour

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Participants d'un atelier animé par une membre du personnel d'Inter Pares.
De gauche à droite : Didier Monteiro (GNT), Manuel da Silva (association jeunesse Cupelum de baixo) et Luana Pereira (GNT) participant à l’atelier animé par Rachel Gouin d’Inter Pares.

En septembre 2008, Rachel Gouin, membre de l’ équipe d’Inter Pares, s’est rendue en Guinée-Bissau où elle a rencontré de jeunes organisateurs qui bâtissent un avenir meilleur pour leur pays. Voici un extrait de son rapport de voyage.

Je me suis rendue jusqu’au centre de jeunesse dans une ruelle de Bissau, la capitale du pays. Là, vingt jeunes m’ont accueillie d’un air timide. Didier, notre hôte, m’a présentée en expliquant qu’une partie de mon travail au Canada était de recueillir des fonds pour les programmes de justice sociale d’Inter Pares. J’étais venue dans ce tout petit pays d’Afrique de l’Ouest pour parler de mes expériences avec de jeunes organisatrices et animer un atelier sur la mobilisation de ressources humaines et financières autour du travail pour la justice sociale.

J’ai amorcé l’atelier en demandant aux jeunes d’illustrer par des dessins les difficultés qu’ils doivent surmonter et leur vision de l’avenir.

João est un jeune homme qui fait du travail de promotion culturelle par la musique, la danse et le théâtre traditionnels. Il nous a raconté comment, lorsque la seule école de musique de Bissau a fermé ses portes, il a créé avec d’autres anciens élèves l’association Netos de Amizade (Petits-enfants de l’amitié) et commencé à faire connaître aux enfants leur héritage culturel. Le premier dessin de João représentait une plante enflammée, pour montrer l’extinction des traditions. La deuxième image, sa vision d’avenir, était une pirogue.

« Dans cette pirogue, c’est nous qui tenons la barre », a-t-il expliqué.
Inter Pares travaille avec l’organisation bissau-guinéenne Tiniguena depuis près de vingt ans. Tous les deux ans, Tiniguena organise un échange entre jeunes de la capitale et jeunes des régions dans le but de leur faire connaître la diversité culturelle et biologique du pays pour qu’ils s’en fassent les défenseurs.

« Connaître pour aimer, aimer pour protéger », c’est le dicton de Tiniguena. À leur retour en ville, les jeunes organisent des activités de collecte de fonds pour financer un projet communautaire de la région qu’ils ont visitée. Une année, ils ont recueilli des fonds pour réparer le toit d’une école, tellement délabré qu’il risquait de s’effondrer pendant la saison des pluies. Dix ans plus tard, l’école est toujours là et les membres de la communauté se souviennent des jeunes qui ont aidé à la conserver.

L’échange ne profite pas seulement aux communautés. Il développe le leadership des jeunes qui y participent. Plusieurs sont encore liés au groupe Nouvelle Génération de Tiniguena (GNT) et font de la recherche et de l’éducation sur des enjeux comme la crise alimentaire. D’autres font partie d’associations jeunesse de quartiers qui améliorent les conditions de vie sur le plan de l’hygiène, l’éducation et la culture. Ce sont ces jeunes-là qui sont venus ce matin partager leurs histoires et tirer profit de l’expérience de leurs pairs.

J’ai expliqué comment Inter Pares invite les Canadiennes et les Canadiens à exprimer leur solidarité pour notre travail, tant sur le plan financier que politique. Pour nous, la collecte de fonds vise d’abord à bâtir un mouvement en mobilisant les personnes avides de justice sociale qui veulent faire cause commune avec nous, sur le plan financier et politique. Ce message a touché une corde sensible chez ces jeunes qui s’efforcent de mobiliser le soutien politique et financier de leur propre milieu.

Les jeunes femmes et les jeunes hommes que j’ai rencontrés pendant mon séjour ont beaucoup d’obstacles à surmonter, y compris le manque de ressources matérielles, et les nombreux départs de leurs collègues qui vont étudier à l’étranger. Mais certains reviennent et ces jeunes nourrissent une vision résolument optimiste pour l’avenir de leur pays. Ils ne considèrent pas leur travail comme un fardeau, mais plutôt comme une joie d’imaginer un monde meilleur, un monde qu’ils contribuent à créer.

J’ai beaucoup appris grâce à mon travail avec Inter Pares en vue de mobiliser du soutien politique et financier pour le changement social. Le travail de Tiniguena a formé une génération de militantes et de militants qui s’efforcent d’améliorer leur vie et celle de leur communauté. L’appui accordé aux associations jeunesse démontre la prise en charge et l’engagement de la population de Guinée-Bissau envers le succès de cette génération. Dans cette fusion de l’action et de l’apprentissage communs, des femmes et des hommes du Canada et de la Guinée-Bissau se rejoignent dans un mouvement mondial de solidarité sociale.

Les jeunes que j’ai rencontrés pendant mon séjour ont beaucoup d’obstacles à surmonter mais ces jeunes nourrissent une vision résolument optimiste pour l’avenir de leur pays. Ils ne considèrent pas leur travail comme un fardeau, mais plutôt comme une joie

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