Raconter sa vérité : Victoria Saccsara et Morningstar Mercredi

Voix : Profil de militant et militante

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Morningstar Mercredi chants with her right fist in the air at an Idle No More march in Edmonton. Victoria Saccsara stands with her arms crossed and looks over her left shoulder.
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Un monde les séparait : une agricultrice autochtone qui parle quechua dans les Andes péruviennes et une actrice et auteure dénée du nord de la Saskatchewan. Mais quand Victoria Saccsara a entendu l’histoire de Morningstar Mercredi à un forum sur les droits de la personne en novembre 2019, elle a aussitôt senti une connexion viscérale.      

Victoria Saccsara est survivante de la stérilisation forcée, une pratique issue d’une politique délibérée du gouvernement Fujimori au Pérou dans les années 1990. Sous prétexte d’éradiquer la pauvreté, jusqu’à 300 000 femmes – en majorité autochtones de milieu rural – ont été forcées de subir une ligature des trompes.  

Survivante d’agression sexuelle, Morningstar Mercredi est tombée enceinte à 13 ans. Elle a demandé de l’aide dans un hôpital de Saskatoon. Sans son consentement et à son insu, les médecins ont plutôt décidé de lui enlever un ovaire et une trompe de Fallope. On documente des cas de stérilisation forcée de femmes autochtones au Canada depuis les années 1880 jusqu’à aujourd’hui, et cela fait présentement l’objet d’un recours collectif.

L’expérience de Victoria et de Morningstar était au cœur du forum tenu à Quito, en Équateur, en marge des rencontres de la Commission interaméricaine des droits de la personne et de la Cour du même nom. Pour Inter Pares et ses homologues péruviens, SISAY et DEMUS, il était crucial que des survivantes se fassent entendre et soient reconnues. Pour cela, nous avons facilité la participation de Victoria Saccsara et deux autres survivantes péruviennes. Pour sa part, Semaganis Worme Lombard, la firme autochtone chargée de la poursuite au Canada, a raconté l’histoire de Morningstar Mercredi et d’autres femmes autochtones, révélant l’ampleur du phénomène au pays.

Au fur et à mesure qu’émergent ces récits, non seulement au Pérou et au Canada, mais partout dans le monde, Inter Pares continue de forger des liens, de conscientiser et d’exiger une action concertée au sujet de ce crime contre l’humanité.

Ça me donne des forces de voir que nous ne sommes pas seules. Il faut s’unir pour dénoncer ce qui est arrivé et réclamer justice afin que ça n’arrive plus jamais! Victoria Saccsara

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