Cultiver la solidarité entre paysans d’Inde et d’Afrique de l’Ouest

Nouvelles : Mises à jour

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Eric Chaurette d'Inter Pares avec des agriculteurs d'Afrique de l'Ouest et d'Inde échangent des idées
Coup d'envoi de l'échange : une agricultrice sénégalaise accueille la délégation internationale.Crédit: Narsamma Masanagari

Les rencontres d’échange et d’apprentissage sont un pilier de la méthodologie d’Inter Pares. Pendant près de quarante ans, nous avons constaté que de la rencontre de personnes dévouées et dynamiques venues d’horizons divers surgissent des idées porteuses de nouveaux savoirs, des liens de solidarité ou en d’autres mots, de plus belles et de plus grandes choses.

Eric Chaurette, Gestionnaire de programme à Inter Pares

« Celui-ci s’appelle Bob Marley », explique un paysan du village de Diouroup, à 140 kilomètres au sud-est de Dakar, la capitale du Sénégal.

« Pourquoi Bob Marley? » dis-je en regardant le brin de sorgho qu’il tient à la main.

« Parce qu’il te fait chanter la bouche. » Je souris. Sous le lourd soleil de midi, nous nous enfonçons dans les champs, longeant des rangées de sorgho et de millet.

Je suis avec Satheesh, secrétaire de la Deccan Development Society (DDS), homologue de longue date d’Inter Pares en Inde. Nous sommes accompagnés de Jayasri Cherukuri et de Narsamma Masanagari, qui se consacrent à aider la DDS à documenter, au moyen de films et de photographies, la variété de cultures des champs environnants.

Plus tard, nous visitons la communauté de Fandéne où nous accueillent Georges Birane et d’autres fermiers. Georges nous invite sous l’arbre à palabres, à l’ombre duquel les membres de la communauté se réunissent pour discuter de questions d’intérêt commun.

Sous le vieil arbre, des jus et d’appétissants plats à base de millet sont posés sur des nattes colorées. Satheesh demande aux paysans combien de variétés de millet ils cultivent. Deux ou trois, répondent-ils. « Seriez-vous intéressés à en faire pousser une douzaine? » Les paysans, sceptiques mais curieux, le bombardent de questions.

Ce n’est qu’un chapitre de plus de cette histoire qu’écrivent les paysans de l’Inde et de l’Afrique de l’Ouest. Tout a commencé en 2012. Cette année-là, Inter Pares avait facilité un échange entre des chefs du mouvement paysan
ouest-africain faisant partie de la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN) et la DDS afin qu’ils puissent se familiariser avec l’expérience novatrice de cette dernière en matière d’agriculture biodiversifiée basée sur le millet. À l’époque, ils avaient aussi appris que la DDS avait entrepris de documenter, grâce à des recherches menées par les paysans, les effets dévastateurs du coton Bt génétiquement modifié sur les moyens de subsistance des fermiers.

Depuis, les membres de la COPAGEN ont mis en pratique les leçons tirées de cette expérience en Inde. Inspirés par le projet de recherche-action de la DDS, ils ont initié leur propre projet de recherche intitulé « Le coton Bt : la vérité dans nos champs », en s’associant à 500 fermiers de dix-huit régions du Burkina Faso pour étudier l’impact du coton Bt. La COPAGEN a aussi lancé « les vivres de la souveraineté », une initiative qui réplique le réseau du millet mis
en place par la DDS en Inde. En collaboration avec des paysannes, la COPAGEN travaille à élargir la culture écologique des espèces traditionnelles (pois à vache, sorgho, ignames, millets et sésame); ce faisant, des terres sont régénérées et la sécurité alimentaire de communautés du Mali, de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso s’en trouve améliorée.

Avant notre départ de la ferme de Fandéne, Georges nous offre des semences, cadeau symbolique, présage de bienfaits à venir.
 

La COPAGEN travaille à élargir la culture écologique des espèces traditionnelles (pois à vache, sorgho, ignames, millets et sésame).

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