Des communautés de Birmanie s’opposent à un modèle de développement destructeur

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Impact: Enrichir un régime
 Le barrage hydroélectrique Myitsone : il inonderait un lieu sacré de la taille de Toronto, déplacerait des milliers de personnes et causerait des dommages irréparables à l’une des régions détenant la plus grande diversité biologique au monde.

La Birmanie se trouve dans une région écologiquement riche, mondialement reconnue pour la variété de sa faune et de sa flore, mais une grande part de cette richesse est toujours détenue par les militaires et leurs « compagnies associées ». La plupart des ressources naturelles se trouvent dans des zones de conflit où les mesures de coercition sont monnaie courante : villages incendiés, projets de développement cernés de champs de mines, travail forcé des villageois dans les projets d'infrastructure. L'exploitation sauvage des ressources, dont les répercussions sur l'environnement sont désastreuses, a conduit à une mainmise accrue des militaires et à des violations massives des droits de la personne.

Des barrages de grande envergure se construisent sur tous les grands fleuves et affluents du pays. L'électricité produite et les recettes engrangées profitent au régime, à ses sympathisants et aux gouvernements et entreprises des pays voisins. Ces barrages, qui n'apportent aucun avantage matériel aux communautés locales, mettent en situation précaire des millions de personnes qui vivent le long des cours d'eau. La confiscation des terres, leur inondation et les dérivations des fleuves et rivières causent la destruction des foyers, des ressources alimentaires et des moyens de subsistance.

Depuis le début des années quatre-vingt-dix, Inter Pares apporte son appui à des organisations communautaires qui documentent l'impact des projets de développement en Birmanie. En 2007, dix organisations représentant des communautés touchées par la construction de barrages ont lancé le réseau Burma Rivers Network (BRN). Elles estiment que la consommation et la distribution des ressources doivent se plier au principe de la durabilité écologique et de la justice sociale.

BRN surveille les projets de construction de barrages dont pâtit la population birmane aux quatre coins du pays. Peu d'informations filtrent à leur sujet et, lorsque c'est le cas, elles sont déformées; il est donc essentiel de sensibiliser les communautés locales. BRN crée des réseaux avec des communautés d'Asie qui souffrent de la même situation; il interpelle les autorités locales, les investisseurs et les entreprises de construction. Il recherche aussi les occasions de nouer des liens avec la société civile chinoise, étant donné que la Chine est à la fois le principal investisseur en Birmanie et un proche allié diplomatique.
En 2010, en collaboration avec le réseau de femmes Shan Women's Action Network, l'organisation écologique Shan Sapawa Environmental Organization, membre du réseau BRN, a examiné les fluctuations artificielles d'un fleuve de Birmanie résultant de la construction d'un barrage en Chine. Les petits commerçants avaient perdu près d'un tiers de leurs revenus après que des embarcations se furent enlisées dans des bancs de sable ou furent emportées par une crue rapide des eaux. Les résultats de cette étude ont suscité un vif intérêt dans les médias mondiaux, y compris en Chine.

Toujours en 2010, BRN a fait équipe avec une troupe de comédiens birmans réputés – Thee Nyee Nyaung – pour produire une série vidéo comportant sketches et chansons sur le thème des activités de vente d'énergie par le régime et les conséquences de la construction des barrages. La série a connu une diffusion nationale; des milliers de vidéos ont été distribuées atteignant près de vingt pour cent des communes du pays.

En documentant l'impact des barrages existants ou en cours de construction, BRN peut entamer un dialogue fondé avec les habitants des villages de Birmanie, les chefs locaux, les organisations communautaires et nationales, ainsi qu'avec les organismes régionaux. BNR met en évidence le lien existant entre la construction effrénée de barrages, l'enrichissement de la junte et la recrudescence des conflits. Il favorise aussi le débat sur la gestion future des ressources dans une Birmanie enfin pacifiée.

En savoir plus :

Bulletin -  Notre avenir à tous, aujourd'hui - Volume 33, Numéro 2. Juin 2011

Notre impact

Créer des lieux d’apprentissage qui font le lien entre construction de barrages hydrauliques en Birmanie et conflit, suscitant une réflexion sur la gestion des ressources.

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