Honorer la mémoire des 215 enfants autochtones retrouvés à un ancien pensionnat

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« Notre collectivité savait des choses que nous avons pu vérifier. À notre connaissance, le décès de ces enfants disparus n’a pas été documenté » déclare la Kukpi7 (cheffe) Rosanne Casimir. « Certains avaient à peine trois ans. Nous avons cherché le moyen de confirmer ce que nous savions, par profond respect pour ces enfants disparus et leur famille, car Tk̓emlúps te Secwépemc est le lieu où ces enfants doivent enfin trouver le repos. »

À la fin mai, la Kukpi7 Tk̓emlúps te Secwépemc Rosanne Casimir commentait la découverte des restes de 215 enfants autochtones dans des tombes anonymes sur le site de l’ancien pensionnat autochtone de Kamloops. La mort des enfants a été confirmée après plus de deux décennies à chercher des preuves de ce qui était arrivé à ces enfants qui ne sont jamais revenus de l’école.

En activité de 1890 à 1978, le pensionnat autochtone de Kamloops a d’abord été géré par l’Église catholique puis par le gouvernement fédéral. Il a soumis les enfants autochtones à des traitements cruels et inhumains, et brisé les liens avec leur culture, leur identité et leur famille. L’école faisait partie d’un réseau de plus de 130 pensionnats d’un bout à l’autre du Canada – c’était l’institution clé d’une politique d’assimilation forcée, sanctionnée par le gouvernement, plus tard qualifiée de génocide par la communauté internationale.

On s’attend à découvrir plusieurs autres lieux de sépulture. Les collectivités autochtones parlent depuis longtemps de leur existence sur les sites d’anciens pensionnats, mais le gouvernement a tardé à fournir les fonds et le soutien requis pour retrouver les proches disparus – ou il a refusé de le faire. En 2015, dans le cadre du processus national de réconciliation, le Comité de vérité et réconciliation du Canada a lancé des appels à l’action, dont l’un porte précisément sur la découverte, l’identification et la commémoration des enfants disparus et des sites de sépulture. D’autres appellent le gouvernement fédéral à élever des monuments pour honorer les survivant.es et les enfants arrachés à leur famille et leur collectivité, à Ottawa et dans les capitales de tout le pays. Jusqu’ici, le gouvernement n’a pas donné suite à ces appels

Nos cœurs se serrent à l’annonce de la nation Tk̓emlúps te Secwépemc et à la pensée de tous les autres enfants qu’il reste à trouver. Notre prise de conscience collective de toute l’horreur des pensionnats suscite une réflexion sur ce long génocide qui doit cesser. Nous appelons le gouvernement fédéral à réagir plus vigoureusement aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation et de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées – et à défendre les droits des enfants autochtones. Nous poursuivons notre démarche d’apprentissage et d’action, notre travail vers la réconciliation – et vous incitons à faire de même. Voyez ici les conseils du peuple Tk̓emlúps te Secwépemc sur les moyens de soutenir sa collectivité en ce moment.

En l’honneur des 215 enfants retrouvés et des milliers d’autres qu’il reste à trouver, nous avons planté plus de 215 cœurs à notre bureau d’Ottawa. Ce geste symbolise notre engagement envers la réconciliation, à l’invitation de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, afin d’honorer la mémoire des enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux ainsi que les survivant.es des pensionnats et leur famille, et de créer un espace où notre collectivité puisse s’informer davantage et faire son deuil.

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