Un soutien pour les réfugiés, par les réfugiés

Nouvelles : Analyses

Imprimer cette page

Le camp Tham Hin : géré par les réfugiés, pour les réfugiés avec la collaboration de TBC.
Le camp Tham Hin : géré par les réfugiés, pour les réfugiés avec la collaboration de TBCCrédit: Rebecca Wolsak

« C'est l'oppression des soldats birmans qui nous a amenés ici. Nous avons fait douze jours de marche, en dormant au bord du sentier sous des abris de feuilles. Ma femme a été malade deux jours, elle ne pouvait pas gravir la montagne. » C'est ainsi qu'Aung Htoo, âgé de 41 ans, et sa famille ont joint les 140 000 réfugiés de la Birmanie dans des camps en Thaïlande. Il y a aussi des réfugiés hors des camps, qui vivent parmi les quelques 1,5 million de travailleuses et travailleurs migrants en Thaïlande. On trouve plusieurs centaines de milliers de réfugiés de la Birmanie en Inde, au Bangladesh, en Malaisie et en Chine. Certains y sont depuis plus de 20 ans, d'autres viennent d'arriver. Il y aurait encore un demi-million de personnes déplacées à l'intérieur du pays dans le sud-est de la Birmanie – et si l'armée continue ses exactions, ces personnes pourraient bientôt traverser la frontière et grossir les rangs des réfugiés.

Ces chiffres renversants n'étonnent plus le personnel de TBC (The Border Consortium), qui offre depuis 28 ans abri et nourriture aux personnes réfugiées dans les camps de la Thaïlande. Inter Pares soutient cette tâche colossale depuis des années. Lors d'une visite récente à Ottawa, le directeur général de TBC, Jack Dunford, a remercié le Canada de la constance de son appui, à l'heure où la réduction des fonds versés par l'Europe, la fluctuation des taux de change et la hausse du prix des aliments forcent la réduction de l’aide apportée à des populations déjà vulnérables.

Situation presque unique au monde, en Thaïlande ce sont les réfugiés eux-mêmes qui construisent les camps et les dirigent par l'entremise de comités élus, avec l'appui et la supervision de TBC. Dans une évaluation réalisée en 2009, l'ACDI notait que « Le modèle de gestion des camps de réfugiés adopté par TBC favorise l'autonomie des personnes déplacées en faisant appel à leurs propres ressources et en les développant, et ce, afin de les préparer à des solutions à plus long terme ».

TBC fournit aussi de l'aide alimentaire du côté birman de la frontière, à des populations déplacées qui vivent cachées. Elles ne veulent pas devenir réfugiées car elles tentent de continuer à cultiver la terre pour se nourrir tout en échappant au travail forcé et aux exactions de l'armée. Le riz de TBC est livré par des organisations locales de la région, que les personnes déplacées connaissent et en qui elles ont confiance. TBC a aidé ces groupes à élaborer des systèmes de contrôle novateurs – des modèles dont on s'inspire partout dans le monde pour la prestation d'aide humanitaire en situation de conflit.

Les récents développements au centre de la Birmanie ont amené certains observateurs à prédire le retour imminent des personnes réfugiées, mais de fait, la situation ne s'est pas améliorée dans la plupart de leurs villages d'origine. Les violations des droits de la personne et la contamination par les mines terrestres incitent encore les gens à fuir. TBC fait un travail très important afin d’assurer aux populations réfugiées le droit de décider de leur avenir, et pour permettre aux personnes qui désirent retourner chez elles de le faire dans la dignité et la sécurité.

Notre impact

Depuis plus de dix ans, Inter Pares appuie l’organisation The Border Consortium qui fournit de l’aide humanitaire à des camps gérés par les réfugiés eux-mêmes.

En savoir plus

Faire un commentaire

backdrop