La politique au Soudan a besoin du point de vue des femmes

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Centre de ressources de Salmmah
La bibliothèque féministe de Salmmah : un centre de documentation unique pour les femmes au Soudan.

Le 24 juin 2014, cinq hommes en civil sont entrés dans le bureau du Centre de ressources pour les femmes Salmmah, homologue d'Inter Pares à Khartoum. Ils se sont mis à intimider le personnel et à confisquer les équipements de bureau. Ils ont démantelé le centre de documentation féministe unique de Salmmah et saisi tous ses avoirs. Par la suite, nous avons appris que ces hommes travaillaient pour le ministère de la Justice du Soudan et qu’ils avaient pour mission de fermer l’organisation.

On muselait ainsi un porte-parole majeur des droits des femmes au Soudan. Mais c’était aussi la preuve que les puissances patriarcales du statu quo s’étaient senties menacées.

La paix et la démocratie peuvent fleurir seulement s’il est possible de faire entendre une pluralité de points de vue. À l’approche des élections au Soudan cette année, il est plus crucial que jamais de débattre ouvertement, notamment des droits des femmes. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Omar Al-Bashir à la suite du coup d’État de 1989, on a fait taire les femmes malgré une riche tradition militante. On a adopté des lois discriminatoires qui assimilent le viol à l’adultère, imposent un code vestimentaire strict pour les femmes, autorisent le mariage dès la puberté et exigent que les femmes aient un tuteur de sexe masculin qui décide de leur droit de travailler ou voyager.

Il y avait pourtant un vent d’optimisme aux élections nationales de 2010.Grâce aux militantes des droits des femmes, on avait obtenu un quota de 25 % de femmes au Parlement. Des organisations de femmes avaient collaboré à la campagne électorale et les points de vue des femmes faisaient manifestement partie du discours électoral.

Un autre homologue d’Inter Pares, SORD (Organisation soudanaise pour la recherche et le développement) lutte pour une justice respectueuse de l’égalité des sexes au Soudan. On ignore si l’organisation pourra influer ouvertement sur le discours électoral cette année, comme elle l’a fait en 2010. Le niveau de répression sera peut-être trop élevé.

Cela n’empêche pas SORD de poursuivre son travail pour les droits des femmes sur plusieurs plans : parrainage de cliniques juridiques pour les femmes ayant vécu de la violence, promotion du droit des filles à l’éducation et défense d’un nouveau droit familial qui remplacerait le droit discriminatoire présentement en vigueur.

Pour leur part, les membres de Salmmah continuent de militer à titre individuel, ayant fait le serment de ressusciter Salmmah un jour, dès que la situation le permettra.

Nous nous inspirons de l’héritage de Salmmah et de ses réalisations, et saluons sa détermination et son courage de lutter pour le changement, la paix et la démocratie, envers et contre tout.

À l’approche des élections au soudan cette année, il est plus crucial que jamais de débattre ouvertement, notamment des droits des femmes.

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